Pendant 40 ans, Fo Sessi est connu de son milieu comme l’un des plus grands fabricants de Sobadi, boisson locale très prisée au sud-Togo, faite à partir du vin de palme.

Estri Anani, reporter du journal Agridigitale est allé ce weekend à la rencontre de Fo Sessi qui dévoile tout le secret de préparation de cette boisson locale. 

Récupération du vin de palme

Après avoir déraciné le palmier on laisse sécher pendant deux semaines le temps que le liquide migre des branches pour arriver au niveau du tronc.

Passé ce délai, on coupe les branches. Ensuite on fait un trou au niveau du tronc de l'arbre. On place un bidon dans un trou en bas pour récupérer le liquide à l'aide d'une tige qu'on place dans le trou du tronc.

Chaque matin on doit transvaser dans un tonneau. Chaque soir, on met du feu à l’intérieur du trou pour attirer le vin de palme à l’aide de la chaleur.

C’est difficile de connaitre la quantité qu’on peut obtenir par palmier. Mais,  Si le palmier est riche, on peut en récupérer pendant 50 jours.

Souvent, quand le palmier ne contient pas de noix ça donne beaucoup de vin de palme.

 Du vin de palme au bon Sodabi

Ce qui sort à l’état brut du palmier s’appelle vin de palme. Il est aussi consommable. Mais pour le transformer en Sodabi, on a un dispositif de trois tonneaux reliés par des tuyaux. A partir du 7eme jour, on met le vin de palme dans le premier tonneau sur du feu. Quand ça boue, la vapeur migre vers le second tonneau contenant de l'eau. A ce niveau, la vapeur se transforme en liquide; le Sodabi proprement dit.

Mais, on met le troisième tonneau pour permettre au liquide de se refroidir  avant d’arriver dans la damjane (récipient) d’une capacité de 20l. 

A la dernière campagne par exemple, j’ai déraciné 200 palmiers pour obtenir 5 tonneaux. Et chaque tonneaux prend jusqu’à 12 damjanes de 20l.

Le marché

Aujourd’hui, la damjane de 20l coûte 13.000Fr sur le marché mais en période d’harmattan ça peut aller jusqu'à 17.000Fr.

La plupart de ma clientèle vient de Lomé. Mais, les commerçantes du village aussi viennent s’en approvisionner pour revendre les jours de marché.

Pendant les funérailles aussi je suis sollicité. Du coup, je ne me plains pas. C’est avec ça que je prends soin de mes deux femmes et quinze enfants.

Mots-clés :

Votre avis