Koffi KOMBATE

Koffi KOMBATE, responsable de la recherche sur le manioc et autres amylacées à l’Institut Togolais de Recherche Agronomique (ITRA) pense que l’extension agricole est une mauvaise pratique qui cause du tort à l’environnement et aux populations.

"Les gens vont jusqu’à cultiver sur les flancs des montagnes alors que c’est interdit par la loi pour pouvoir protéger cet écosystème qui en soi, est très fragile", s’indigne l’expert environnementaliste.

Il explique que "l’extension des terres agricoles occasionne la déforestation et la perte de la biodiversité en ce sens qu’on ne cesse d’abattre les arbres; ce qui entraine parfois la disparition de certaines espèces".

"L’extension des terres agricoles occasionnent également la modification du régime d’écoulement des eaux.  Avec une terre boisée, quand il pleut, les espèces végétales qui s’y trouvent empêchent l’eau de circuler librement. Cela permet une infiltration de l’eau qui recharge la nappe souterraine. A l’inverse des sols déboisés, c’est l’écoulement qui prend le dessus sur l’infiltration et favorise la dégradation des sols par l’érosion. Parce que quand il y a beaucoup d’eaux de surface qui coule, cela érode le sol", M. KOMBATE.

Pour des cas récurrents de conflits sociaux  avec parfois, des pertes en vies humaines, l’expert indique que "cela occasionne des pertes de terres de pâturage."

"Le surpâturage entraine la modification de la flore suite au broutage sélectif et au piétinement des plantes par le bétail. Et le summum à ce niveau c’est le conflit paysans-éleveurs-pasteurs qui est dans la plupart des cas incontrôlable", alerte-t-il.

Que proposez-vous donc?

Il faut intensifier et au même moment apporter un amendement organique (fumier et compost fournis à la terre afin d’en améliorer sa structure et sa composition) et non organique (engrais minéral) au sol.

Intensifier, c’est utiliser les variétés vraiment performantes, et respecter le schéma de semis. C’est aussi mettre les intrants agricoles surtout biologiques à une dose optimale pour obtenir un rendement optimal de la culture de telle sorte que sur une petite superficie on puisse produire la quantité suffisante pour nourrir la famille et exporter.

Ça peut se faire. Et ça a beaucoup de bénéfices. Quand on intensifie on gagne en temps et en travail.

2 Contribution(s)

  1. AGBAVITO Koku Selom say:

    Je suis d'accord, mais les riverains ou les habitants des Plateaux, s'ils n'ont que leurs terrains au flanc des montagnes, comment pourrait il interdire qu'ils ne fassent leur culture? Est ce ce sont les problèmes de fumiers organiques et compost qui sont les solutions? Je pense qu'ils faut emmener à développer la gestion deu sol avec les techniques de cultures en terrasse, planter les haies et planter pour conserver la biodiversité ; la texture du sol et la géomorphologie de ces montagnes. En tout cas , nous sommes entrain d'apprendre tous!!!

    10/10/2018 19:46:59
  2. Yendoukoi KOMBATE say:

    J'aimerais remercier ITRA et surtout le Dr KOMBATE pour ces conseils. J'aimerais juste vous rappeler que votre cible principale ( c'est à dire ceux qui cultivent sur les flancs des montagnes) n'a pas accès aux réseaux sociaux. Donc pensez donc à une communication massive et directe qui puisse toucher la presque totalité de ces derniers. Merci

    09/10/2018 21:46:26

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