Davantage de financement pour le secteur agricole au Togo (photo: www.globalbankingandfinance.com)

Ce qu’il faut d’emblée retenir, c’est un accord s’étendant sur la durée et qui permettra de "formaliser et mettre en place des garanties individuelles et des lignes de garanties de portefeuille pour couvrir à hauteur de 50% les financements que les banques et les institutions de financement au Togo prendraient à l’égard de tous les acteurs économiques du secteur agricole".

"L’AGF va apporter une assistance technique au MIFA afin de pouvoir analyser, évaluer et sur le long terme, appuyer le renforcement des capacités nécessaires pour les agriculteurs et des institutions financières dans la connaissance de la technicité de l’agri-business et l’agro-industrie", souligne Adidjatou Zanouvi, la directrice générale de l’AGF.

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Cet engagement de l’AGF aux côtés du MIFA s’explique selon elle, par le fait que "c’est le seul mécanisme existant au Togo permettant en une seule entité de rassembler tous les acteurs de la filière agricole". 

"C’est une première. C’est un mécanisme qui permet à une institution comme AGF d’appréhender tous les risques liés à une filière en particulier et d’aider au financement d’une chaîne de valeur agricole", martèle Mme Zanouvi.

Les besoins en financement sont énormes

Les garantis et l’assistance technique qu’apporteront l’AGF au MIFA contribueront à la structuration du mécanisme pour plus d’accompagnement aux acteurs de la chaîne de valeur agricole.

Echanges de paraphes entre le MIFA et l'AGF mardi à Lomé

"Via cette convention, il s’agira pour le MIFA de jouer son rôle de structuration, d’accompagnement, d’appui à tous les acteurs du secteur agricole afin qu’ils soient professionnels pour rassurer les banques et bénéficier du financement et donc de la garantie que l’AGF pourra apporter", explique Aristide Agbossoumonde, Directeur Général du MIFA S.A.  

Le MIFA de son point de vue, "a pour objectif de structurer les chaînes de valeur agricoles afin d’amener les acteurs financiers à mettre suffisamment de ressources financierès pour le développement des activités agricoles ou des entreprises agricoles". 

"Le besoin de financement de tous ces acteurs est assez élevé sur les 10 prochaines années", a-t-il fait savoir.

Améliorer le financement de l’agriculture togolaise 

Au Togo, moins de 1% des crédits bancaires est destiné à l’agriculture alors qu’elle représente 40% du PIB national et rassemble 60% de la population active. Une aberration qu’aussi bien le gouvernement et les partenaires du Togo veulent corriger.

La mise sur pied du MIFA cadre avec la volonté du gouvernement de porter sur les prochaines années le taux de financement agricole par les banques à au moins 5 voire 7%.

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Un objectif tenable. Les premiers résultats de la phase pilote du MIFA rassurent les différents acteurs sur le cap fixé en lien avec l’axe2 du Plan national de développement (PND).

L’AGF résolu à soutenir les PME

L’AGF a pour objectif d’améliorer l’accès au financement des PME africaines. L’institution y trouve un grand intérêt dans le projet agropole du gouvernement et le réseau d’agroparcs qui sera installé à l’échelle nationale.

"L’AGF apportera son soutien résolu aux différents acteurs. Notre action entraînera une augmentation progressive de la part des crédits bancaires accordés à l’agriculture", rassure les principaux dirigeants.

Le secteur de l’agriculture est aujourd’hui pourvoyeur d’emplois et les investissements sont déterminants pour renforcer la production agricole et la sécurité alimentaire, accroître la productivité et participer au développement des zones rurales. 

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"En mutualisant les risques pris par les institutions financières, nous facilitons l’octroi de prêts aux PME et soutenons le développement économique du continent", souligne Mme Zanouvi.

Au Togo, le fonds a par exemple soutenu la création de deux unités de transformation de noix de cajou dans la région centrale du pays. Pour les prochaines années, l’agribusiness est au cœur de la stratégie du fonds et les acteurs du monde agricole doivent saisir ces opportunités.

"A ce jour, 8% du portefeuille de l’AGF sont consacrés à son financement. Nous nous efforçons d’augmenter ce pourcentage pour répondre aux défis de la filière", s’engage la directrice du Fonds.

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Fidèl G.

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