Retour aux produits du terroir devient un impératif

Une meilleure connaissance des normes devient un impératif pour tous les acteurs de la chaîne de valeur.

Lawson-Hetchely Fossou, Di de l'ATN

"Quand on est entrepreneur dans un secteur d’activité, il faut connaître toutes les normes liées à son domaine. Ce savoir permet d’éviter des pertes de temps et de savoir où on va.  Si on fait du soja, maïs etc., il faut disposer de toutes ces normes", recommande vivement, Lawson-Hetchely Fossou, directeur intérimaire de l’Agence Togolaise de Normalisation (ATN).

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Lancée en 2015, l’ATN a pour vocation d’aider ceux qui s’intéressent aux normes de les disposer et que leurs produits soient certifiés. Beaucoup d’entrepreneurs se lancent sans connaître les normes et peinent à avoir accès aux marchés internationaux.

"Si tu veux que ton produit soit bien marqueté, visible, il faut absolument passer par les normes et nous avons des normes pour tous les secteurs d’activité (agriculture, pêche, forêt, aquaculture, tourisme, construction etc.", convie Lawson-Hetchely.

Consommez local, une priorité du gouvernement

Le gouvernement est conscient que les importations massives de biens et services pour satisfaire les besoins des  populations, grèvent la balance commerciale, structurellement déficitaire.

Visite des stands par les personnalités

La banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao) a plusieurs fois dans ses rapports interpellés les pouvoirs publics à prendre des initiatives courageuses pour réduire ce déficit.

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"Si nous pouvons nous satisfaire au Togo d’avoir atteint une autosuffisance alimentaire en lien avec certains produits de base tels que le maïs, le mil, le sorgho, l’igname, le manioc etc…, il n’en demeure pas moins vrai que nous restons largement dépendants de l’extérieur", reconnait Kodjo Adedze, ministre du commerce, de l’industrie, du développement du secteur privé et de la promotion de la consommation locale.

L’édition 2019 de la "Foire Made in Togo" ouverte lundi au centre Togolais des Expositions et Foires (Cetef) sur le thème "valorisons et consommons les produits locaux" offre l’occasion d’accorder davantage d’intérêt aux produits du terroir.

Des exposants des secteurs et branches de l’agriculture, de l’agroalimentaire, du textile, de l’artisanat, des institutions d’appuis à la production et à la commercialisation occupent les stands pour exposer leur savoir-faire local.

Le directeur de la foire, Johnson Kueku-Banka a salué la qualité des expositions surtout, les emballages des produits qui sans doute, sont exportables sur d’autres marchés.

Les Etats-Unis s’engagent

Sur la foire cette année, l’on note une forte présence américaine. Il s’agit des entreprises locales ayant bénéficié des appuis de l’ambassade des Etats-Unis à Lomé.

Le diplomate américain à Lomé, Eric william Stromayer tout comme ses prédécesseurs, encouragent l’entrepreneuriat social à l’instar de l’Ong Alaffia dont les résultats sont à capitaliser à échelle.

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"Nous investissons dans les ressources humaines sachant que les meilleurs résultats à long termes pour le pays proviennent du travail acharné de ceux qui dans notre société sont déterminés à créer un service ou un produit qui permet le développement de leur communauté", indique M. Stromayer.

Essohouna Saman du groupement "Essowazi" venu du Dédeboua à Sotouboua (287km de Lomé) bénéficie du programme d’appui à l’entrepreneuriat féminin de l’ambassade des Etats-Unis à Lomé.

"En 2016, nous avons bénéficié du financement des Etats-Unis qui nous a permis d’acquérir des batteuses et d’augmenter notre surface cultivable. Ils accompagnent le groupement par des formations et des visites régulières sur le site de production", témoigne Mme Saman, secrétaire du groupement.

Le Togo a d’énormes potentialités en matière de production agricole. Un rapide tour sur le site de la foire permet de découvrir tous ces produits du terroir et d’en approvisionner. C’est bien là, le vrai sens de la consommation locale.

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Anani E. & Sandali P.

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