Descente au cœur d’une filière dont la renaissance suscite encore de l’espoir chez les producteurs. Dossier réalisé par Agridigitale.

Les problèmes rencontrés par le secteur et les solutions proposées par le CICC

L’Office des produits agricoles du Togo (OPAT), structure  de l’Etat assurait la bonne marche des activités à travers les prélèvements.

Le désengagement de l’Etat depuis 1996 a conduit à la délibération du secteur. Du coup, la filière café cacao est animée par les producteurs, les acheteurs et les exportateurs.

Depuis septembre 2014, avec l’organisation des acteurs en interprofessions, les activités ont repris surtout avec l’appui d’un réseau d’acteurs, notamment l’ITRA, l’UTCC, la GIZ…mais la filière café cacao rencontre des problèmes énormes : le vieillissement des plantes et le vieillissement des planteurs.

Ce qui a amené le conseil interprofessionnel des filières café et cacao (CICC) à faire des échanges avec le conseil interprofessionnel du Cameroun pour bénéficier des expériences pouvant permettre au Togo de mieux orienter son secteur. Le constat étant que de nos jours, la jeunesse dans les zones de production a abandonné le terrain et la main d’œuvre cause problème.

Le matériel végétal aussi est un casse-tête pour les producteurs.  Les champs semenciers ne sont pas suffisamment disponibles. Il y a aussi le manque de financement des initiatives.

Il faut financer les initiatives prises par le CICC à l’instar du projet new generation appris au Cameroun.

Autre chose, encourager la transformation. Lorsque le prix flambe, les acteurs ont du mal à évacuer et quand les prix chutent, les mêmes difficultés reviennent.

"Tant que le prix est fixé par l’extérieur, le problème va perdurer. Lorsque vous fixez un prix qui n’est pas raisonnable, ça décourage les producteurs, un prix qui ne couvre même pas les charges des producteurs, on a des difficultés", racontent certains producteurs rencontrés dans la région des plateaux.

Les témoins des beaux et mauvais jours de la filière café cacao

Francis ATANAN, natif de Badou témoigne : "j’y ai grandi et j’ai assisté à la bonne marche des activités dans la filière où on apportait des pépinières et des subventions en engrais aux paysans. Ce qui a fait évolué les activités en 82, 84 jusqu’en 90 avant que la crise socio-politique ne vienne tout chambouler. Après ça, je ne me suis plus intéressé mais tout dernièrement quand j’y suis allé, c’est le chaos".

"Le marché commande la filière, en ce sens que nous avons suivi l’abandon des plantations de café cacao dans les dayes dont je suis natif et ce que le village est devenu, et où c’est difficile d’amener les producteurs à replanter le café cacao à cause de la chute des prix d’achat des produits agricoles. Comment rassurer les producteurs par rapport au marché et à sa durabilité ?", s’est interrogé le Directeur Scientifique de l’Institut Togolais de recherche agronomique (ITRA) lors d’un panel à Lomé.

Analyse du chargé de suivi-évaluation à l’Unité technique café cacao (UTCC), Madjoulba Batofétou

Avant 96, l’OPAT était chargé de la commercialisation et la stabilisation des prix et les subventions. Après la libéralisation, toutes les organisations ont été dissoutes.

Le but était de laisser le producteur investir dans ses plantations en lui achetant ses produits à prix élevé. Malheureusement, ce fut le contraire.

En 2008, le ministère chargé de l’agriculture a organisé un atelier pour évaluer les deux filières. Il en était sorti que si rien n’était fait, la production du café cacao deviendra une histoire d’où la création de l’UTCC pour la relance de la filière.

Le PNIASA à travers le PASA en 2013 a opéré quand même un changement au niveau des filières avec la distribution du matériel végétal et des cabosses de cacao.

C’est vrai que les deux filières viennent de très loin et puisque leur culture est pérenne, il faudra assez de temps pour observer les résultats sur le terrain.

Il y aussi une opération spécifique du PASA sur le recyclage des plantations qui a commencé en 2014. C’est un système de subvention selon laquelle, le producteur paie au comptant la moitié du coût d’engrais.

Nous avons commencé avec un objectif de 1000 hectares de subvention en 2014, et nous en sommes à 2000 hectares pour que les plantations puissent retrouver leur potentiel productif.

La structure reconnaît avoir des difficultés pour satisfaire les besoins au niveau des cabosses. Chaque année, l’Etat achète 50.000 cabosses qui sont au prix subventionné de 40 F cfa, la cabosse.

Nous exhortons les producteurs à installer les plantations et attendre l’amélioration du prix des produits. Ce n’est pas le jour où les prix des produits vont augmenter qu’il faut installer sa plantation.

New Generation

In fine,  le secteur café cacao connaît aujourd’hui une certaine redynamisation grâce à l’interprofession.

Selon divers analystes, le projet "new generation" qui consiste à prendre en charge des jeunes pendant trois ans, le temps que les plants n’arrivent à maturité,  contribuera sans doute à booster la production du café cacao au Togo.

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1 Contribution(s)

  1. Brice Gomassi say:

    Toutes ces informations sont verifiers. Le 12 Juillet 20 18 faisait 2 ans jours pour jours où j'ai mis mon premier plants de Cacao au Sol. Esperience tres difficile car sur les 5.555 plants planter sur 5 hectares je n'avait eu qu'une certaine de reussi. . Les causes ont ete multiples: - les pepiniere que j'ai acheter etaient mal faite, il y a eu apres une forte secheresses. J'ai donc repris l'anne suivante et j'ai fais moi meme les pepiniere avec des varieters dites Cacao Mercedes de la cote d'ivoir, planter plus tot sur environ 6.500 plants de planter nous avons eu pres de 6000 qui ont survecu. . Je note ici que par le biais du SG Noël BATAKA le responssable de l'UTCC ainsi que ses plus prochent collaborateurs m'ont nous seulement assister en conseil techniques mais materiel (sachets plasique ) pour realiser 12.000 pepiniere. . J'avais produit sur 1000 m2 25.000 pepiniere de cacao Mercedes et 25.000 plantain PIF sont en grande partie rester sechet sur le sites car, les agriculteurs qui ont promis faire la culture ne sont pas venue les recuperer, ce qui nous a decourager et nous n'en avons plus fait cette annee. Une chose est certaine tout comme nous n'allons jamais abandonner la Pate au Togo l'occident ne vas jamais abandonner le choccolat peu importe sont prix, ce serait une erreur de ne pas valoriser cette culture et creer de l'emploie avec toutes ses etapes.. Courage et bonne chance a tous

    13/07/2018 14:32:30

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