Marius E. BAGNY

"Il est utile de le rédiger au moment de l’étude de marché", conseille mercredi Marius E. BAGNY, Ingénieur de Conception en Génie Mécanique, Diplômé de l’ENSI, Expert Technique et Industriel.

L’expert explique tout ce qu’il faut enfin savoir pour présenter un bon plan d’affaires.

Découlant du modèle d’entreprise, il est pour l’entrepreneur, un outil incontournable et privilégié  lorsque l’entrepreneur est à la recherche de financements. Sa bonne présentation est donc essentielle et vitale pour la réalisation et la réussite du projet.

L’entrepreneur doit d’abord expliciter clairement son idée et ses intentions. L’idée doit être originale. Même pour une activité que d’autres font déjà, l’entrepreneur doit présenter la particularité de son idée à lui. Il doit ensuite démontrer sa maitrise de l’activité principale du projet.

Ces préalables établis, deux points primordiaux contribuent à la crédibilité d’un plan d’affaires : les objectifs de production et les prévisions de vente.  La maitrise de ces deux points permet de décliner des estimations financières cohérentes, exhaustives et attrayantes pour l’investisseur.

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Malheureusement, dans le secteur agricole, les décideurs et investisseurs avalisent ou financent des plans d’affaires irréalistes, avec des chiffres parfois bien présentés mais basés sur des projections incohérentes et irréalistes.

  1. Objectifs de production

A ce stade, l’entrepreneur doit expliciter ses objectifs de production en démontrant qu’il disposera de la matière première et des approvisionnements nécessaires.

Enoncer un projet qui porte sur la transformation de 150 tonnes de soja par jour, soit 45.000 tonnes en 300 jours, alors que la production du Togo est bien en deçà de ce chiffre, est quelque peu irréaliste.

Prenons par exemple une unité de transformation de soja de 1T/heure soit 8T par journée de travail de 8h et donc 2000 tonnes pour 250 jours de travail. Avec une telle unité, il est plus réaliste de prévoir une transformation de 1300T la première année, soit 65% de la capacité nominale de production, ensuite 1600T (80%) pour la deuxième année et enfin 1800T (90%) à partir de la troisième année.

Avec un taux de 75% pour le tourteau et 15% pour l’huile, la production annuelle peut être estimée à plus de 150 tonnes d’huile brute et 950 tonnes de tourteau.

Ces objectifs de production doivent être en cohérence avec les capacités nominales de production des équipements de production prévus par l’entrepreneur.

  1. Les prévisions de ventes

A moins de disposer d’un contrat de vente « béton », portant sur les quantités à produire, il serait irréaliste de prévoir vendre tout la production au cours d’une même année, surtout pour les premières années. Partir sur des prévisions de vente de 80 à 90% de sa production au cours d’une année et se retrouver avec des commandes à satisfaire, est beaucoup plus raisonnable.

Ces deux aspects primordiaux, faut-il le rappeler, doivent découler d’une étude ou analyse de marche sérieuse et objective.

Même si des marges de manœuvre sont possibles, le maître-mot pour un bon plan d’affaires demeure la cohérence dans les objectifs de production et prévisions de vente.

Tout l’édifice devra au final se fonder sur le bon choix de l’outil de production, sans lequel la réalisation de toutes ces prévisions serait hypothétique.

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