Professeur Ayao Missohou

Pendant longtemps, l’importation des découpes de poulet constituait une contrainte au développement de la filière au niveau local. Mais depuis que cette contrainte a été levée, les investisseurs locaux ont pris le relais ; ce qui a permis une explosion au niveau de la filière.

"Avant cette mesure, le Sénégal produisait 4 millions de têtes de poulets de chair par an mais depuis, ça été multiplié par dix et aujourd’hui, ils sont au-dessus de 40 millions de têtes par an. C’est donc un secteur qui est très porteur en matière de création de richesse et d’emploi," explique Professeur Ayao Missohou, enseignant chercheur à l’école vétérinaire de Dakar.

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Initialement, c’était des petits élevages de 500 ou 1000 têtes. Mais aujourd’hui, on note des mutations profondes qui s’opèrent au niveau de la filière.

"Nous sommes passés de cette situation pour aller à des situations plus gigantesques où des gens font désormais 20.000, 30.000 voire 40.000 poulets de chair. Il en est de même au niveau de la filière ponte où il y a une forte industrialisation qui se met en place. Avant c’était des bâtiments ouverts mais aujourd’hui, c’est de plus en plus des bâtiments fermés avec des effectifs de 40.000 pondeuses par bâtiment," détaille-t-il.

L’alimentation joue un rôle de premier plan. Sur le plan économique, elle détermine jusqu’à 80% le coût de production et la compétitivité du poulet. D’où l’importance de mettre un accent particulier sur sa qualité.

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"Au Sénégal, la production de l’alimentation est l’œuvre des provendiers spécialistes qui travaillent avec des expertises internationales pour produire des aliments relativement bien structurés. Ce qui fait qu’en poulet de chair, nous sommes passés de l’aliment farine à des aliments miettes en démarrage et granulés en croissance finition permettant d’arriver en six semaines, à 2,5kg de poids vif contre 1 kg sur la même durée lorsque l’aliment n’est pas performant," révèle le Prof Missohou à agridigitale.

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