Avec son littoral d’environ 50km bordant l’océan atlantique, le pays se sent très concerné par la protection de ce patrimoine commun menacé par les déchets plastiques.

"La santé de nos océans est primordial. Malgré son rôle crucial dans l’élimination de la pauvreté, dans la sécurité alimentaire mondiale et le développement économique, nos océans sont de plus en plus menacés, dégradés ou détruits par les activités humaines, réduisant ainsi leur capacité à fournir leur contribution pour notre subsistance", a déploré André Johnson, ministre togolais de l’environnement.

Il note que "les pressions sur les écosystèmes côtiers et marins ne cessent d’augmenter et  les littoraux sont de plus en plus peuplés engendrant une pression insoutenable sur les ressources côtières, une tendance qui devrait se poursuivre compte tenu des prévisions de la croissance démographique mondiale".

Une situation plus qu’alarmante

L’exploitation et l’usage du milieu marin présentent aujourd’hui des risques et des menaces qu’il faut prendre au sérieux pour éviter d’assister à la perturbation de la chaine logistique internationale et les impacts sur le développement socio-économique à l’échelle mondiale, alerte M. Johnson.

Selon plusieurs études, de la révolution industrielle à ce jour, on assiste à une hausse de 26% de l’acidification des océans et 80% de la pollution marine vient des activités terrestres.

Les océans couvrent les trois quart de la surface de la terre, plus de trois milliards de personnes dépendent de la biodiversité marine et côtière pour subvenir à leurs besoins.

La valeur de marché des ressources et industries marines et côtières est estimée à 3000 milliards de dollars par an, soit environ 5% du PIB mondial.

Les océans absorbent 30% du CO2 produit par les activités anthropiques et atténuent les impacts du réchauffement climatique. La pêche maritime emploie directement ou indirectement 200 millions de personnes dans le monde.  

Les déchets plastiques tuent chaque année, près de 1 million d’oiseaux de mer, une centaine de milliers de mammifères marins et d’innombrables poissons.

Le gouvernement togolais estime que "cette pollution résultant des sources terrestres a atteint un niveau aujourd’hui alarmant, avec une moyenne de 13 mille morceaux de déchets plastiques présents sous chaque kilomètre carré d’océan, soit l’équivalent d’un camion-poubelle de plastiques déversé dans les océans chaque minute".  

La situation affecte les communautés pauvres, côtières fortement dépendantes des ressources marines.  

"La réponse à cette situation interpelle tous les Etats à agir individuellement et collectivement et il faut alors agir, et ce, au plus vite pour sauver ce patrimoine commun", préconise le ministre André Johnson.

Des engagements à honorer

Le Togo est signataire des objectifs de développement durable (ODD14, notamment)  où il s’engage à renforcer le contrôle de l’application des normes internationales en matière de pêche et à œuvrer pour la création d’infrastructures portuaires.

Pour le Togo,  le secteur maritime est le poumon de l’économie nationale, à travers le port autonome de Lomé (PAL) en eau profonde qui accueille les navires de dernières générations.

Le PAL accueille des navires au mouillage chaque jour, les navires de servitudes et embarcations de pêches.  

"Les travaux de construction du nouveau port de pêche en cours et l’enclenchement d’un processus de sélection d’un consultant pour les études de faisabilité de la création d’infrastructures portuaires de traitement des effluents constituent la preuve de la volonté du gouvernement à répondre à ses engagements", salue le ministre de l’environnement.

Pour tenir le pari d’un environnement marin mieux protégé, le gouvernement invite les populations à adopter les comportements citoyens pour une gestion rationnelle de l’espace maritime ; félicite le haut conseil pour la mer (HCM) dans ses efforts de redynamisation et d’actualisation du cadre institutionnel en vue de permettre au Togo d’être à jour par rapport aux conventions et traités internationaux de l’organisation maritime internationale (OMI).

Enfin, il salue la Banque mondiale (BM), la banque africaine de développement (BAD), la banque islamique de développement (BID) et la banque ouest africaine de développement (BOAD) pour leur implication aux côtés du Togo et de la sous-région dans le financement des programmes de protection du milieu marin et de lutte contre l’érosion côtière.

 

Votre avis