"L’engrais remédie à l’appauvrissement des sols, souvent surexploités par le biais de monocultures successives", indique lundi, Lambert Nayanté, consultant international, PDG du groupe Calafi Agro-Industrie.

L’expert international tire la sonnette d’alarme que "l´utilisation seule d´engrais ne pourra jamais permettre aux paysans d´obtenir un bon rendement à l´hectare".

"Le succès de l´augmentation des rendements à l´hectare dépend de l´association de plusieurs facteurs", révèle –t-il dans cet entretien au journal Agridigitale.  

 L’engrais Npk, urée… très utilisé

L'engrais NPK est considéré comme un engrais universel bien équilibré et économique. Exemple : L'engrais 15-15-15 est un engrais minéral qui contient, de façon extrêmement bien équilibrée, les nutriments suivants :

- azote (N) : azote nitrique, 15 % 

- phosphore (P) : anhydride phosphorique, 15 % ;

- potassium (K) (kalium en latin) : oxyde de potassium, 15 %.

Ainsi, sa composition est donc : NPK 15-15-15.

Les lettres sont les symboles chimiques des nutriments contenus dans l'engrais et les données chiffrées indiquent le pourcentage de chacun des composants. Cet engrais 15-15-15 est donc suffisamment concentré mais sans excès et permet de fertiliser le sol raisonnablement.

Il n’en reste pas moins un engrais chimique, auquel il est impossible de concurrencer avec les engrais naturels, indispensables à la conservation de la couche humifère, condition primordiale pour une agriculture de qualité.

Engrais subventionné par l’Etat, bonne pratique ?

Une analyse objective de la pratique de l’engrais subventionné par les Etats, ne semble pas indiquer qu’elle est une bonne pratique.  En premier lieu, elle ne fait que cantonner les cultivateurs dans l’activation de la seule culture de rente avec des rendements moyens.

La seule issue possible pour les agriculteurs Togolais  ou africains est de pouvoir maitriser une agriculture intelligente, (utilisation des semences mieux adaptées pour augmenter les rendements par hectare, analyse préalable de la fertilité du sol avant l´utilisation des engrais) à partir de laquelle il serait en mesure de maitriser les différentes étapes de valorisation des productions agricoles, pour en faire des produits semi-finis et finis, prêts à la consommation.

Toutefois, le système de gestion des engrais à l´étape actuelle peut être amélioré au Togo, d´où la nécessité de réformer en profondeur la manière dont les  activités agricoles et agro-paysannes est activée actuellement.

Il faut surtout penser à un retour à une agriculture réfléchie en rapport aux réalités du potentiel pédologique du Togo.

Le paysan a vraiment besoin de l’engrais chaque saison ?

Tous les sols exploités en cycle long sans jachères ont toujours besoin d´intrants. Toutefois, avant l´utilisation de ces intrants agricoles qui ne donnent pas nécessairement une garantie sur l´augmentation des rendements,  il faut une analyse pour déterminer la fertilité du sol et le besoin des nutriments pour la prochaine saison, ce qui se fait rarement dans nos pays.  

Néanmoins, ont pourra toujours s´en passer, car il existe plusieurs techniques qui ont la particularité de régénérer les sols, en dehors d’apport d’engrais qu’ils soient chimiques ou organiques. Il s’agit de la permaculture et de la technique de semis à finalité d’engrais verts.

Les leçons à tirer du modèle européen très avancé

En Europe, il existe deux visions de l’agriculture, qui commencent à s’affronter.  L’une inconsciente des dégâts en matière d’environnement,  avec les conséquences plus que visibles en matière de détérioration des sols, disparition de la couche humifère, terre poussiéreuse favorable à l’érosion et la pollution des nappes phréatiques nécessitant un important accroissement des frais de traitement pour l’approvisionnement en eau potable à cause de l´utilisation excessive d´engrais chimiques.

La seconde vision est un «Mouvement citoyen»  qui prend de plus en plus d’ampleur et qui s’amplifie du fait que les consommateurs mécontents de la diminution de la qualité de vie, commencent à favoriser les circuits courts qui permettent de produire et de s’approvisionner en produits de qualité (Bio) à des prix abordables, circuits courts qui ont aussi l’avantage de générer un accroissement de revenus des producteurs et la santé humaine. Cette vision est fondée sur le serment d’Hippocrate qui dit "Que ton aliment soit ta seule médecine".  

En outre, l´utilisation seule d´engrais ne pourra jamais permettre aux paysans d´obtenir un bon rendement à l´hectare. Le succès de l´augmentation des rendements à l´hectare dépend de l´association de plusieurs facteurs : utilisation de semences hybrides, bonne technique culturale, accès au crédit, utilisation des machines- outils pour l´épandage des engrais (photo) –Ce qui se fait actuellement à 80% à la main en Afrique-, la permaculture.

La combinaison de tous ces facteurs  sont nécessaires aux paysans afin que de bon rendement puisse être obtenu à l´hectare.

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