Essono Messanga Sylvestre, directeur des opérations au conseil interprofessionnel de cacao et du café de Cameroun.

Et pour cause, le vieillissement de la population des producteurs, la baisse des prix qui sont influencés par les cours mondiaux. 

Pour rajeunir cette population dont la moyenne d’âge tourne autour de 60-65 ans, les responsables de la filière ont mis en place un projet dénommé "New Generation".

Lire aussi : New Generation pour l’emploi massif dans le Café-Cacao

Ce projet se veut par ailleurs une solution au problème de chômage des jeunes qui pousse ces derniers à l’exode rural et à l’immigration.

"On a imaginé quelque chose qui pouvait à la fois leur donner un emploi décent, une source de revenu, les fixer dans leur village. C’est pour ça on a initié le programme qui consiste à prendre des groupes de jeunes, les  former, à leur donner un accompagnement pendant trois ans pour qu’ils puissent créer une plantation de café", confie à agridigitale, Essono Messanga Sylvestre, directeur des opérations au conseil interprofessionnel de cacao et du café de Cameroun.

Au terme de trois ans, assure-t-il, "ils sont censés avoir trois hectares de caféiers et avec une plantation de trois hectares bien suivis, ça peut donner une source de revenu stable et une vie décente à un jeune".

Débuté en 2015, le projet a suscité un très fort engouement des jeunes qui veulent entrer dans la caféiculture. A ce jour, on dénombre au total 450 jeunes bénéficiaires de robusta et 175 de arabica.

"Les plus vieux sont à leur deuxième année parce qu’il faut compter l’année en double. Il y a d’abord l’année en pépinière plus l’année de la plantation. D’abord, nous leur apprenons à produire eux-mêmes leurs plants. Donc, nous les formons à la conduite des pépinières après quoi nous passons à la plantation. Ils sont très intéressés, très déterminés et c’est ça qui nous donne beaucoup d’espoir pour l’avenir," détaille Essono.

Lire aussi : Relance du Café robusta en Afrique

L’espoir de sortir de cette profonde crise qui frappe la filière est réconforté  par l’essor de la consommation locale.

"Nous avons au-moins 25 torréfacteurs et autant de marques de café qui sont disponibles dans presque tous les magasins et comme nous organisons régulièrement des évènements promotionnels, les populations commencent à s’habituer à notre café", s’en félicite Essono qui rêve de voir la filière café sortir de la boue au Cameroun.

Votre avis