Chardey Kokouda, président du Conseil Interprofessionnel des filières Café-Cacao (CICC) au Togo.

Pour répondre à ce challenge fixé par le gouvernement, les acteurs impliqués dans ces deux filières se sont retrouvés les 6 et 7 Juin 2019 à Kpalimé (120km de Lomé) pour identifier les défis à relever pour effectivement redynamiser leur secteur.

Les échanges ont permis d’explorer des questions liées à la production ; les structures de prestation de service, la transformation et l'engrais cacao. D’emblée le constat a été amer. La chute des prix marché ne permettant plus aux producteurs de couvrir ses charges à l’hectare, ces derniers ont plutôt opté pour d'autres cultures.

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Une situation que la filière veut vite redresser en attirant les jeunes vers cette culture de rente, très porteuse. Comme stratégie, les acteurs se sont  inspirés de la stratégie New Generation du Cameroun qui consiste à entretenir des jeunes qui disposent d’au-moins un hectare et à les accompagner jusqu’à maturité des plants.

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Les acteurs de la filière réunis à Kpalimé

"On a commencé avec les moines à Danyi. Nous sommes déjà à 5 hectares d’arabica et d’arabusta et les jeunes ont commencé par nous solliciter. Mais, il se trouve que nous ne disposons plus suffisamment de moyens. C’est pour cela qu'on a besoin de réorganiser le secteur pour qu’il arrive à s’auto financer", indique Chardey Kokouda, président du Conseil Interprofessionnel des filières Café-Cacao (CICC) au Togo.

L’autre problème identifié comme blocus pour la redynamisation du secteur, c’est le manque de main d’œuvre. Une solution a été également trouvée. Les acteurs ont proposé des modèles d’entreprises rurales pouvant répondre à ce problème de main d’œuvre dont font face les producteurs de café cacao et activer l’insertion des jeunes dans la filière café cacao. 

"Pour la main d’œuvre qui est toujours un problème pour les producteurs, nous pensons organiser des coopératives de prestation de services qui seront chargées de fournir cette main d’œuvre aux planteurs afin que ceux-ci soient en mesure d’entretenir leur plantation, d’avoir de bons rendements et de répondre à des contrats qu’ils auront à signer avec des agrégateurs", informe Batoefetou Madjoulba, Directeur de l’unité technique café cacao (UTCC).

Il sera de même au niveau de la transformation avec un privilège accordé aux femmes. Dans le cadre de cette redynamisation, il est prévu 150 coopératives de prestations de services agricoles réparties dans 8 préfectures de productions de café cacao (akébou, kloto, agou, wawa, amou, blitta, danyi, kpele).

Chaque société coopérative sera constituée de 7 membres au maximum et doit avoir la capacité de recruter son personnel parmi les jeunes du milieu qui s’aventuraient dans les pays limitrophes du Togo pour effectuer les mêmes activités.

"Nous avons travaillé sur tous ces aspects en déterminant les cibles, l’approche méthodologique et en évaluant les budgets nécessaires pour mettre en œuvre toutes ces actions. Il y aura des crédits qu’on va accorder à ces organisations de pourvoir mener à bien leurs activités", rassure M Madjoulba

En attente de la formule d’engrais adaptée

Aujourd’hui, il y a des transformateurs qui sont organisés en association (ATCC) et qui est membre du conseil interprofessionnel. Le problème à leur niveau, c’est la consommation locale.

"Nous transformons mais nos produits sont méconnus du grand public. Ce qui fait qu’il y a de la lenteur au niveau de la distribution. Ce que nous souhaitons, c’est que le gouvernement nous réserve un quota sur la quantité des produits dérivés de café et de cacao nécessaire et que des actions de communication soient menées sur la consommation locale", suggère Yempane Litibe, assistant à la production à choco Togo, membre de l’association des transformateurs de café cacao.

La plupart des pays (Ghana, Côte d’Ivoire, Cameroun…) ont leur engrais. Mais au Togo, des études ont été faites et les résultats ont permis de trouver une formule à tester.

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"L’engrais c’est par rapport à la composition du sol. L’industrie qui doit fabriquer cette formule n’attend que notre financement. Normalement, c’est le comité de coordination qui intervient en ce qui concerne le financement mais avec la chute des productions on a un peu de soucis par rapport aux contributions. C’est pour cela que nous nous tournons vers d’autres partenaires pour financer cela", confie à agridigitale, Chardey Kokouda, président du Conseil Interprofessionnel des filières Café-Cacao (CICC) au Togo.

Pour subvenir à un certain nombre de besoins de la filière, les réflexions se poursuivent pour initier des contributions à faire aussi bien au niveau des chargements sur le terrain à destination de Lomé qu'à l’exportation. 

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De notre Envoyé Spécial à Kpalimé, ANANI E.

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