La veuve Btalou Djabou au champ à Dankpen

"J’ai perdu mon mari depuis plus de trois ans, me laissant 5 enfants ; ce n’est pas encore fini, durant les deux dernières campagnes agricoles, l’eau emporte toujours mes produits cultivés dans ce champ", confie –t-elle à Agridigitale.

Djabi pour faire face aux charges que lui a laissées son mari défunt exploite les parcelles de ce dernier pour tirer profit. Celle sur laquelle nous l’avons rencontrée, non loin de la route bitumée ne répond pas à ses attentes.

"Pendant deux ans, j’y ai fait du soja et l’eau a envahi la production ; cette fois-ci, j’essaye l’arachide pour voir ce que ça va donner", nous a-t-elle raconté.

Effectivement, la parcelle dont parle Djabi est dans un bas-fond, ce qui explique l’inondation du champ. Elle le sait bien mais ne peut pas abandonner compte tenue de l’insuffisance de terres.

La culture du maïs marche mieux pour Djabi ; mais à ce niveau, raconte-t-elle "ma production serait améliorée si j’épandais de l’engrais".

AGRI PME, le porte-monnaie électronique de l’agriculteur togolais, elle n’en avait jamais entendu parler et a vraiment porté intérêt à y être enregistrée.

Mais un problème se pose déjà : Djabi ne dispose pas de téléphone portable. Elle va devoir compter sur son fils aîné Binanghan Yadjonighan, âgé de 24 ans et père d’un enfant qui a au moins un téléphone portable, pour se partager les trois sacs subventionnés par le gouvernement, si les moyens les leur permettent.

Yadjonighan, analphabète parce que son père défunt ne l’a pas amené à l’école est déjà en voie sur le destin croisé de son papa défunt et lui, sauf s’il s’y prend autrement.

Le milieu rural regorge de beaucoup de difficultés qu’il inflige à ses habitants. Il y’en a qui ne se laissent pas faire et transforment l’enfer en paradis. Pour d’autres, ça ne leur sera pas facile ; ces derniers s’embourbent et disparaissent avec la misère et la tristesse.

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