Moïse Bilarbi Adih dans son atélier à Agbandi

Son objectif, mettre à la disposition des petits producteurs agricoles, du matériel qui tienne compte de leurs moyens et des réalités de leurs pratiques agricoles.

Une véritable ingéniosité

Le soudeur fabricateur d’Agbandi ne fabrique pas parce qu’il le faut. Issu d’une famille d’agriculteur, il a pu voir les réalités et les problèmes dont souffrent les producteurs agricoles familiaux qui constituent la majorité des acteurs du secteur.

A son actif, on compte plusieurs outils dont des batteuses vanneuses multifonctionnelles opérationnelles pour plus de 6 spéculations de cultures vivrières. Il n’est donc plus question de s’acquérir de plusieurs outils pour chaque spéculation quand on est polyvalent.

Pour Bilarbi, tout producteur agricole, quelle que soit sa spécialité, peut réduire la main d’œuvre, atténuer la pénibilité qu’inflige le travail de la terre et rentabiliser son exploitation.

"Quand on prend la culture du riz qui malgré sa rentabilité, n’est pas aimé par certains producteurs compte tenu de ses multiples activités et qui nécessitent assez de main d’œuvre, je fabrique du matériel qui puisse permettre à une personne de mener cette activité sans avoir recours à assez de ressources humaines", explique-t-il à la rédaction d’Agridigitale.

Une réussite

A côté de ses fabrications, Bilarbi reçoit aussi des machines agricoles acquises par des producteurs dans le cadre des projets ou par certaines sociétés et qui n’ont pas tenu sur le terrain.

En retour, il les répare et augmente leurs fonctionnalités avec une garantie de fonctionnement très rassurée.

Le jeune soudeur fabricateur n’est pas ingénieur machiniste, ni ingénieur mécanicien sortie d’une école d’occident. Il a mis fin à l’école en classe de 4e pour apprendre le métier de soudure fabrication au Bénin afin de prendre en charge le plus tôt possible, ses frères et sœurs.

Vivant aujourd’hui dans sa propre habitation et se déplaçant à véhicule personnel, il ne regrette pas avoir choisi ce parcours.

Avec un chiffre d’affaires annuel oscillant dans la dizaine de millions, Il n’a reçu aucun appui d’un programme ou projet d’Etat pour arriver là où il en est.

Aussi, il a gagné la confiance des sociétés et particuliers sur toute l’étendue du territoire togolais et dans les pays voisins. Toutefois, une subvention ou appui venant de n’importe où serait la bienvenue.

"La demande est sans cesse grandissante et avec les moyens de bord, je n’arrive plus à répondre à temps aux livraisons de grande envergure. Une action pour améliorer mes prestations fera du bien aussi bien à mes clients qu’à moi-même", suggère-t-il.

Le secteur agricole togolais est marqué par une agriculture familiale de petites exploitations. En attendant de professionnaliser effectivement le secteur et d’y mettre de grands moyens, il est actuellement important d’apporter à ces acteurs, les moyens qui tiennent compte de la réalité actuelle afin de les amener eux-mêmes à évoluer vers l’agriculture de grande exploitation.

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