Ayawavi ATTISSO (M) recevant le prix spécial

Sur un terrain jadis réservé aux hommes, Ayawavi ATTISSO, ingénieure Génie Civil, actuellement en poste à la GIZ Togo comme Conseillère Technique Nationale Ingénieure Génie Civil, se bat pour se faire entendre.

"Etre différente, être un rôle-modèle et pionnière. De par mon tempérament, je suis souvent conduite vers les filières qui semblent compliquées pour les autres et sont comme des défis à relever pour moi. De toute ma famille, personne avant ni homme ni femme n’avait pensé à un tel métier. Toute petite, j’étais passionnée par les constructions et la mécanique. Et finalement, j’ai choisi la construction en passant un Bac F4 (Génie Civil)", raconte –t-elle à agridigitale.

Sa bravoure et détermination lui a fait valoir, à la soirée marquant la clôture de la première Journée Nationale de l’Ingénieur du Togo (JNI), prix spécial femme ingénieure.

"Cette première édition de la JNI  est riche en enseignements et en défis. Je suis heureuse que ce prix NOUS (toutes les femmes ingénieures) ait été décerné. Nous sommes rares et certains nous pensent inexistantes. Ce prix vient à point nommé nous encourager dans notre métier et fait un peu notre visibilité", a-t-elle confié.

Cap sur Kara (nord-Togo) ce vendredi pour découvrir l’univers de Ayawavi, l’as des femmes ingénieures du Togo, Ambassadeur de l’Entrepreneuriat 2016, résolument engagée dans le leadership féminin.

Début pas du tout aisé

Ayawavi ATTISSO

Le début a été difficile et même très. Aujourd’hui, ce n’est plus vraiment le cas mais il faut continuer de se battre. Au lycée, dans la série F4, sur un effectif de 17, les filles n’atteignaient pas deux.  Vous avez trouvé le nombre de filles ?). Étant la seule fille, tu dois faire 17 fois plus d’effort pour être entendu.

Un jour sur un chantier, je devais avoir 23 ou 24 ans je crois, on se préparait à couler un poteau porteur et le plombier avec le maçon voulaient y faire passer le tuyau d’eau pluviale.

Quand je leur ai dit de ne pas le faire, ils m’ont répondu que c’est de cette manière qu’ils procèdent toujours et bien avant ma naissance et que les bâtiments qu’ils ont construits tiennent toujours. Ils sont hommes et âgés du plus du double de mon âge. Sur le coup ça m’a mise hors de moi. 

Mais, j’ai arrêté les travaux et les pris tous deux en aparté pour leur faire un cours de béton armé et surtout je leur ai parlé comme à des pères : de me voir comme leur fille, ou sœur ou …, en qui ils ont investi ; souvent même si je connais le dénouement d’une situation je les associe aux réflexions et petit à petit, la confiance s’est établie.

Jusqu’à ce jour ils me sollicitent pour leurs chantiers. On est appelé à collaborer alors il faut être ouverte d’esprit et user de beaucoup de management.

Guidée par une vision unique

Le trajet n’a pas été facile faute de moyen financier. Je saisis cette opportunité pour remercier la MARCHE MONDIALE DES FEMMES DU TOGO qui a payé mes deux années de BTS.

Cinq (05) ans après, je finançais moi-même mes études pour avoir le Bachelor (Licence Professionnelle en Génie Civil et Construction) au 2IE et ensuite deux ans de Master d’Ingénierie Génie Civil et Infrastructures toujours au 2IE à Ouagadougou. J’ai gardé la vision de devenir Ingénieur et de contribuer au développement de mon pays.  

Des réalisations nombreuses

L'une de ses réalisations

En tant qu’Ingénieur, je participe au développement de mon pays et depuis quelques années, j’appuis les projets et initiatives communautaires. Ces projets ont souvent un budget limité mais si les travaux ne sont pas réalisés dans les normes, des accidents peuvent se produire à l’exploitation.

Ils devront être reconstruits mais sur quels fonds? Alors pour éviter ça, je me rends disponible pour accompagner ces initiatives et je mets l’accent sur l’utilisation des matériaux locaux.

Lire aussi: Ingénieur, qu’as-tu fais pour le Togo?

Exemples : Le centre Lucia pour la prise en charge des PVVIH ; l’Eglise des Assemblées de Dieu de Massouhoin, la Construction du Centre Aéré de la BCEAO 2005 à 2007,  le Projet Santé Maternelle et Néonatale 2016 à 2018 etc.

Rêve d’avoir son propre potager

Quelqu’un m’a dit un jour la terre ne trompe jamais. Pour le moment avec le métier, je bouge assez souvent ce qui ne me donne pas le temps pour mes projets agricoles.

Alors avec certains amis, on investit dans les cultures de soja. Mais j’envisage avoir mon propre potager et produire les poissons pour d’abord ma consommation et vendre le surplus.

3 Contribution(s)

  1. Konvi komib say:

    Ma petite sœur de valeur je suis très fière de toi Tu fais la fierté de tes parents et de notre Préfecture de Yoto Dieu est fière de ta personnalité persévérante Tu seras la dame leader dans peu de temps Le seigneur te propulsera davantage Ton futur époux sera un homme tres fière de toi Courage courage et courage Tu seras toujours la tête Shalom Shalom

    15/12/2018 00:03:29
  2. Kokou Assigbe say:

    Félicitation à toi Da yawa, et aussi beaucoup de courage pour la suite car comme tu l'as dit la route est encore longue. Tu es une ambassadrice pour toutes les femmes qui se battent et un modèle pour les plus jeunes. #teamkara

    14/12/2018 13:05:00
  3. Tchohou Waaki Jérémie say:

    Toute ma considération et mes respects à cette aînée du 2iE. Merci de la rigueur dans le travail et de l'intérêt porté à notre pays. Je viendrai aidé volontiers pour le potager et la pisciculture... J'aime le poisson😀 Une fois encore félicitations et tirer nous vers le haut aussi....

    14/12/2018 12:17:52

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