Instituteur de formation devenu entrepreneur agro-pastoral résidant au Bénin à Bohicon, Serge dispose d’une exploitation de dix hectares où il fait de l’agriculture bio uniquement, notamment, la culture du soja.

"Mon choix s’est porté sur cette culture car elle est assez simple : pas de labours, pas d’engrais, pas d’insecticides", a-t-il confié à Agridigitale.

Ce jeune instituteur de formation dont le vieux rêve depuis l’enfance est l’agriculture partage ses expériences ce lundi avec Agridigitale "déconseille vivement aux jeunes débutants en agriculture d’avoir recours aux ingénieurs agronomes qui ne vous citeront que ce qu'ils ont vu dans les livres ou ce qu'ils ont appris"

L’Agriculture, une passion

Après mon BAC, j'ai fait deux ans en socio-anthropologie à l'Université d'Abomey-Calavi. J'ai ensuite dû sur insistance de mon père revenir à Abomey faire l'école normale pendant deux ans ; soit un an de théorie et un an de pratique.

Après ma formation, j'ai fait un an à la maison avant d'apprendre que mon père a une grande étendue de terre. Je lui ai donc demandé d’en exploiter une partie. Ce qu'il a accepté.

J'ai débuté assez difficilement puisque je n'avais pas les moyens. Je me suis fait aider par ma mère. La récolte n'a pas été très bonne et j'ai perdu pas mal d'argent. J'ai donc abandonné l'année qui a suivi par manque de moyen. Quatre ans plus tard, c'est-à-dire cette année, j'ai repris mes activités agricoles.

Je suis devenu entrepreneur agricole par passion et pour réduire la quantité de produits importés par l'Afrique. J'apporte donc ma pierre à l'édifice en exploitant produisant des denrées alimentaires et sensibilisant mes amis afin qu’ils valorisent également l’agriculture.

J’avais débuté cette aventure avec des amis. Ils ont prétexté n’avoir ni du temps ni les moyens ; actuellement, la plupart d’entre eux travaillent dans des bureaux.

Pratiquer l'agriculture, c'est contribuer à l'essor de l’économie nationale et à la nutrition de familles. Pratiquer l’agriculture biologique, c’est préserver la terre et garantir une alimentation saine sans risque d'intoxication à long terme.

L’entrepreneuriat agricole

Beaucoup estiment qu’ils ne peuvent travailler la terre car ils n’ont que très peu de notions agronomiques. Pourtant, nos ancêtres qui n'ont été à aucune école d'agronomie s'en sont sortis brillamment.

Ils réussissaient mieux l’agriculture tout en préservant la nature. Pour moi, réussir l’entrepreneuriat agricole ne dépend pas du fait d’être agronome mais de celui d'avoir une vision.

Il faut poser des questions autour de soi sur ce qu'on ne comprend pas et être persévérant. Je l’avoue, ma première expérience fut un véritable échec.

C’était dû à mon inexpérience, la mauvaise foi de ceux qui travaillaient pour moi et les mauvais conseils que j'ai eu dans le temps. Mais je me console en me disant que le début est toujours difficile et qu'il faut tomber pour mieux se relever.

A cette campagne, j'ai semé du soja sur une étendue de 4 hectares. Mon choix s’est porté sur cette culture car elle est assez simple : pas de labours, pas d’engrais, pas d’insecticides.

Lorsque cette plante atteint une certaine taille, elle empêche les herbes de pousser sous lui, vous laissant donc tranquille. Aussi la découverte des valeurs nutritionnelles du soja est-elle toujours en cours.

Sa richesse en vitamine est absolument épatante et le nombre d’applications qu’on peut en faire est simplement admirable. C'est une manière toute simple de manger du bio et d'enrichir sa terre en azote pour une prochaine campagne.

Les difficultés

En agriculture, les difficultés sont énormes comme l'inexistence de la main d'œuvre, les caprices de la pluviométrie, le défaut de la mécanisation, la dévalorisation des produits bio, moins volumineux que les produits chimiques.

Or, les bonnes dames ne veulent pas savoir la différence entre le biologique et le chimique. Du coup, faire le bio c’est accepter gagner moins.

Malgré tout, j’espère vivement que de plus en plus de jeunes comme moi cessent de penser aux grands bureaux climatisés, et s'investissent dans la terre, gage d'un avenir certain. Ma partie exploitable s'étend sur 10 hectares. Cette année, j'en fais juste 4 faute de moyens financiers. J'ose espérer faire les 10 en entier dès l'année prochaine.

Cependant, j’accueillerai avec plaisir tout jeune qui désirerait s'y lancer ; et, je pourrai bailler ma terre aux producteurs biologiques. Mais, pourquoi bailler si on peut travailler ensemble ? On est plus fort ainsi et on évolue mieux.

Conseils aux jeunes débutants

Les jeunes devraient se lancer de plus en plus dans l’agriculture. Au début, ils doivent être très prudents. Avant de commencer, le jeune devrait poser beaucoup de questions surtout aux personnes expérimentées, les hommes de terrains qui pratiquent l’activité qu’il veut embrasser.

Je déconseille vivement d’avoir recours aux ingénieurs agronomes qui ne vous citeront que ce qu'ils ont vu dans les livres ou ce qu'ils ont appris. Les terres ne sont pas les mêmes, les réalités ne sont pas les mêmes.

Il faudra donc que le jeune fasse assez de recherches sur le terrain en se rapprochant de personnes ressources afin d'avoir les informations qu'il faut. Il suffit de poser des questions aux paysans (même ceux qui sont illettrés) car ce sont des sources à ciel ouvert de connaissances intarissables.

Soyons franc, un appui technique ne fera pas tomber la pluie comme il faut, et un appui technique ne défrichera pas la terre.

A l’endroit des investisseurs

Oui nous le reconnaissons tous, la terre ne trompe pas mais avant d’investir dans l’agriculture, il est important voire indispensable que l’investisseur s’imprègne un peu de l’agriculture.

Aussi l’investisseur doit-il venir de temps à autre constater l’évolution des activités agricoles.

L'agriculture n'est pas une science exacte, les récoltes dépendent énormément de l’état de la terre et de la pluviométrie. Ainsi, sur un hectare de soja, on peut récolter soit 300 kg soit 1000 kg.

5 Contribution(s)

  1. LOVESSE Serge say:

    Merci a tout un chacun pour de vous.Vos encouragements,ils résonnent à mes oreilles comme les plus grand encouragement.J'en profite aussi pour dire un grand merci à Agridigitale pour son apport,et tout ce qu'il fait pour le monde paysans. Mr Prince,il vous ait posible de faire du soja pour la première et deuxième saison.Le soja prend pratiquement 5 mois pour produire mûrir et séché pour la récolte.Vous pourrez donc produire à partir de mars pour la première saison et à partir de juillet pour la deuxième saison

    01/08/2018 16:29:59
  2. prince say:

    merci pour vos éclaircissements. moi j'aimerais savoir en quelle période il faut semer le soja. et qu'elle est la durée de production ? peut on le cultiver dans les zones comme Ouidah, kpomasse, Tori ? merci pour votre réponse

    01/08/2018 06:27:09
  3. AKPAGBE Edgard say:

    Courage cher ami LOVESSE ! Je m'en rends compte tout simplement que tu es retourné à ta passion, à ce qui nourririt ton âme. L'ascension est donc évidente, mets en pratique les apports supra énoncés et ton projet connaîtra une réussite certaine

    31/07/2018 10:07:22
  4. LOVESSE Serge say:

    Merci beaucoup Mr GOMASSI.Et merci aussi pour votre apport très enrichissante.Comme vous le dites,nos ancêtres avaient des interdits qui au final servaient à protéger la faune,la flore,la biodiversité et par rocochet à nous permettre à nous humains de pouvoir en bénéficier.Malheureusement,nous trouvons ces interdits obsolètes aujourd'hui,et cela va en s'empirant.Vous avez aussi parlé d'une méthode qui m'intéresse assez.L'apport du carbone au soja.(Comment cela se fait-il ? )et la plante dont vous avez parlé,pour couvrir la terre,le mucuna,je ne la connais pas,comment se présente t-elle ?

    31/07/2018 07:08:15
  5. GOMASSI BRICE say:

    Mes felicitations a Mr Lovesse, car il a fait une decouverte incroyable, celui de se rendre a l'evidence que nos encetres ont exploités la terre des siecles sans la degradee. .. Ils ont neanmoins des connaissances plus qu'agronomique non encetres, memes s'ils ne les ont pas mises par ecrie. . Ils nous demandes de ne pas mangers des chauves sourie, car ils sont des Dieux et oui c'est vrai car les chauves sourie debarassent nos champs des insects nuisible nocturne. . Ainsi nous n'avons pas besoins d'insecticides, pareil comme pour les poules et les pintades .. La production biologique n'est pas sensee non plus donner un rendement interieur car souvent nous faisons une erreur, les soins que nous apportons aux produits transgeniques , nous n'apportons pas les memes soins aux produits biologique et a la fin le resultat parrait maigre. . Le soja certe n'a pas un trop grand besoins en Azote mais il a besoin quand meme de carbone comme toutes les plantes, il faut donc un peu d'apport en carbone et lui mememe fourni l'azote et vous aurez un bon rendement. . Il faut pour rendre plus facile le travail faire fabriquer une machine semeuse qui vous dispense de la mains d'oeuvre et si possible une moissoneuses aussi. . Ainsi vous serait plus autonome. ., apres la recolte vous pouvez si vous le voulez encore couvrir votre sol avec une plante de couvaison le Mucuna, ce qui permet de garder l'humiditer dans le sol tout au long de la saison seche et vous pouvez a ainsi semer sans labour et.vos plants resisterons aux poches de saisons seche qu'on a des fois pendant la saison des pluies .. Bonne chance a vous .. Couvrer votre sol pendant la saison des pluies pour permettre aux vers de terres de travailler le sol pour vous ..

    30/07/2018 15:04:50

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