Katanga et Gbétsogbé… Ces deux petits villages de pêcheurs situés au sud-est de Lomé seront bientôt rayés de la carte. Sur les lieux, le constat est sans appel. Les habitations construites avec des matériaux de fortunes  s’effondrent sous le sable de mer à  chaque déferlement des vagues.

« La mer a déjà englouti nos maisons et maintenant, c’est tout le village qui est menacé »,  confié Kofi, un riverain tout désemparé. « L’érosion côtière est devenue une épreuve au quotidien où il faut changer les claies des clôtures afin de résister aux attaques des  vagues qui ne cessent de s’intensifier », ajoute-t-il.

A Gbétsogbé, M. Dovi, gardien des us et coutumes témoigne que « l’avancée vertigineuse de la mer inquiète sérieusement ses administrés. « Il y a seulement 10ans, ces maisons que vous voyez actuellement presque suspendues en l’air ne l’étaient pas. Nous entendions seulement parler d’érosion côtière. Mais voilà que nous le vivons aujourd’hui tristement », poursuit –il en larmes.

L’Exode des bras valides

Selon les spécialistes, l’érosion rapide observée sur la côté togolaise s’explique par  l’effet du changement climatique, mais également l’effet induit de l’extraction abondante de graviers dans la mer par les riverains. Ces villages situés le long de la mer ont deux principales activités : soit la pêche ou le commerce de graviers.

« Tous, nous ne pouvons pas aller en mer. Certains iront et nous, on préfère rester à la maison et vendre du gravier », souligne Fioklou, un riverain.

D’autres riverains témoignent que sous la menace des eaux, les bras valides optent pour l’exode vers d’autres localités, la ville notamment. « Nos garçons et filles désertent le village et vont s’installer ailleurs.  C’est un phénomène dévastateur », s’indignent –t-ils.

Impuissant face à ce drame, les riverains lancent un cri au gouvernement d’agir.

« Nous demandons au gouvernement de nous venir en aide. Plusieurs fois, les pouvoirs publics ont constaté les dégâts et ont  recensé les victimes mais à ce jour, aucune action pour sauver le peu d’habitations qui reste. C’est notre histoire et notre vie qui partent sous les eaux devant nous »,  formulent –ils.

Défécation à l’air libre…

Autre chose qui caractérise ces localités, l’insalubrité. Pas de sanitaires, absence de latrines dans les concessions. Les moins jeunes défèquent pour la plupart en plein air sur les plages le jour et les adultes, quant à eux, préfèrent le faire la nuit quelques-fois afin de passer inaperçus. Les risques de maladies diarrhéiques sont assez élevés, alertent les experts de la santé qui plaident pour des mesures urgentes.

L’érosion côtière est devenue plus menaçante qu’un cancer envahissant. Le Togo dispose de 50 km de façade maritime dont 40 km est sous l’emprise de ce phénomène avec une vitesse de 5mètres de côtes perdues par an. Tout comme Katanga et Gbétsogbé, d’autres villages du littoral de Lomé à Aného vivent cette triste réalité.

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