Emmanuel Yagtama, gardien du temple

Dans cette cité où les clichés de la tradition pèsent lourdement et où, de simples préjugés peuvent faire force de loi, les enfants payent le plus lourd tribut d’une situation passéiste qui a encore de beaux jours.

Un creuset pour ses enfants méprisés

Un petit vent très sec souffle ce mardi sur la ville un peu ensoleillée. Emmanuel Yagtama, gardien du temple veille sur le centre où siège l’ONG CREUSET TOGO. 

Elle s’occupe de la protection, la réhabilitation et l’intégration familiale et sociale des enfants méprisés et facilement qualifiés de sorciers.

Les actions de cette organisation sont centrées sur des campagnes de sensibilisation à petite et grande échelle, des formations au renforcement des capacités, une facilitation de la coopération et la mise en réseau des parties prenantes afin de protéger plus efficacement les enfants contre les violations de leurs droits de manière durable.

"À ce jour, nos actions ont permis de protéger, réhabiliter et préparer à la réintégration familiale et sociale 2.600 enfants. Parmi eux, 625 dont 275 filles avec une moyenne d’âge d’environ 12 ans sont passées par notre centre d’accueil, Kandyaa", indique Essodéké Bruno MOUKPE, Directeur Exécutif de l’ONG CREUSET TOGO.

Pour apporter une contribution majeure aux besoins alimentaires et nutritifs de base aux enfants,  l’ONG a reçu le soutien de diverses organisations internationales telles que Kinderrechte-Afrika, BMZ, le ministère des Affaires étrangères du Luxembourg, les Eglises et les ambassades d’Amérique et d’Allemagne basés au Togo.

Essodéké Bruno MOUKPE

"Grâce à ces soutiens, nous avons réussi à acquérir et développer à partir de 2016, un site agropastoral sur 23 hectares. On fait la culture du maïs, du manioc, des ignames, du mil, du riz, des haricots, des cacahuètes et du gingembre, des fruitiers, le maraîchage puis l’élevage des poules pondeuses, des pintades, des moutons et des chèvres ainsi que des lapins. Il y a aussi des plantes médicinales pour lutter contre les maladies tropicales, notamment Artemisia en tant qu'arme antipaludique", détaille Bruno.

Outre l’autonomie alimentaire, cette ferme agro-écologique veut créer un environnement protecteur pour les enfants plus âgés, disposés à accepter une formation professionnelle dans l'agriculture, l'élevage et l'agroforesterie, ouvrant ainsi des perspectives d'avenir à ces jeunes.

"Nous envisageons d’augmenter les revenus en vendant des produits de la ferme qui ne sont pas nécessaires à la consommation par les enfants pour répondre à leurs besoins en termes de vêtements et de santé et formation", ajoute –t-il.  

La protection de ces enfants exclus de la société ne devrait plus être la préoccupation du seul CREUSET TOGO. Les bonnes volontés sont invitées à apporter leur modeste contribution pour faire renaître l’espoir perdu chez ces jeunes enfants, qui sont avant tout, la relève de demain.

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De notre envoyé spécial à Sokodé, Anani E.

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