Le port de pêche de Lomé un business center

Un tour sur ce site situé dans la zone portuaire, revendeuses de poissons jusqu'aux taxi-moto (zémidjan-man) en passant par les vendeurs de condiments, légumineuses, médjiras et des vacanciers, tous parlent un seul et même language, business.

Les pêcheurs

Ils sont les maîtres des lieux. Sans eux, l’endroit serait peut-être là mais certainement pas sous la même appellation.

"C’est eux qui vont en mer pour ramener les poissons. Soit le même jour, soit deux à quatre jours plus tard. Parfois, ils sont en même temps les propriétaires des pirogues mais, généralement, ils sont des employés au service des propriétaires", confie Koffi De Souza, pêcheur rencontré sur les lieux.

Les revendeuses

Munies de bassines et de paniers, elles sont plus nombreuses que les autres et occupent le second rang dans la chaîne.

Acheter et revendre des poissons. Elles ne vivent que de ça.

"De lundi à samedi on est ici. On ne vit que de ça. Quand les pêcheurs reviennent, c’est à nous qu’ils vendent. Ensuite, nous revendons aux bonnes dames qui repartent vendre dans les marchés soit frais, soit fris ou encore fumés", raconte Da-Lucia, revendeuse de poissons.

L’unité de mesure n’atteint pas un kilogramme. Mais, ça revient à 1.100Fr. C’est ce qu’elles prennent jusqu’à remplir plusieurs bassines avant de commencer par revendre.

Les prix sont fixés en fonction des calibres et de la disponibilité de chaque espèce.

"La demande étant toujours là et très forte d’ailleurs, on ne repart jamais pour faute de mévente", se félicite Da-Lucia.

Les vacanciers

Eh bien, figurez-vous qu’ils ont aussi leur compte. Ils viennent les mains vides mais repartent toujours les poches pleines avec en moyenne 8.000 F.CFA par jour.

De quoi réjouir Chonévi et Fofoné, deux élèves en classe de 1ére.

"Depuis que les cours ont cessé, c’est ici que nous passons nos journées. Et nous rentrons toujours la poche pleine. Quand les pirogues accostent, nous portons des coups de main aux pêcheurs qui en retour nous gratifient avec du poisson. Ce sont ces poissons là que nous revendons aux bonnes dames. Avec ça, nous allégons les dépenses pour nos parents", racontent-ils.

Les taxi-moto

Communement appelés zémidjan-men, ce sont eux qui assurent le transport des bassines et paniers remplient de poissons.

Ils étaient plus d’une trentaine à stationner leur moto dans l’enceinte et partir à la conquête de la clientèle.

"De lundi à samedi entre 9h et 14h, c’est ici que moi je me retrouve avant d’aller sur la route. C’est avec cette recette que je règle quotidiennement le propriétaire de ma moto puis que c’est by day", témoigne  Salomon, un zémidjan-man.

Les revendeuses de condiments

Ici, on retrouve celles qui vendent les tomates, les piments, les oignons, les aubergines, les épices, les ignames et les maniocs sur les lieux.

Approchée, madame Kayi, justifie sa présence au port de pêche : « nos sœurs passent pratiquement toute la journée ici. Le temps d’arriver à la maison avant d’aller au marché pour chercher les condiments, il se fait tard. C’est pourquoi nous avons jugé bon de nous rapprocher d’elles. Et c’est tout le monde qui y gagne".

Les Médjiras

Ils sont des commerçants venus du Niger, Sénégal, Mali, Burkina-Faso, de la Guinée… Bref, du sahel.

Ils sont également là avec leurs marchandises que sont les vêtements.

Dermane, vend des tricots. "Ici, il y a beaucoup de jeunes qui vendent du poisson. Quand ils finissent de vendre, ils achètent des habits chez nous. Donc, quand je me promène jusqu’à 14h30, je viens au port de pêche pour augmenter mon chiffre d’affaires", souligne –t-il.

C’est –dire qu’au port de pêche de Lomé, c’est un véritable centre d’affaire qui fait gagner tout le monde.

Etsri Anani de retour du port de pêche de Lomé pour Agridigitale.

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