Boris Hounsounou, 25 ans, est Titulaire d'une maîtrise en histoire à l'Université d'Abomey-Calavi au Bénin et prépare son Master2.

Derrière tous ces diplômes, le jeunes Boris a hérité la production d’ananas de son père, grand producteur du Bénin, Président de l'Organisation Paysanne ''Gledole''.

Lui-même possède déjà deux fermes dans des zones propices à cette culture dans l’Atlantique -Allada et Tori. Voici donc l'histoire de Boris qui s’est lancé dans la culture d’ananas depuis 2006 quand il était en classe de 5ème.

La production

L'écartement entre deux bandes fait 60 centimètres et entre deux pieds elle est de 30 centimètres. Sur un hectare, nous établissons 25 cantins. Ici au Bénin, chaque cantin a pour dimensions 25/25m.

Par cantin, il faut au moins 3.000 pieds d’ananas. Donc par hectare, nous semons au moins 75.000 pieds. Parfois, certains refusent de respecter cette règle et serrent le planting. Ils établissent par hectare 30 cantins.

Au sujet des dépenses, le bail d’un hectare peut être évalué à 80.000 F CFA l’an. Le nettoyage est à 1.000 F CFA par *cantin.

Le labour consomme au plus 10.000 F CFA par cantin ; son coût varie avec la période : en saison sèche, le prix est élevé et on négocie mais en période pluvieuse le prix du labour est abordable. Un hectare consomme au moins 10 cantins de rejets or le cantin de rejets est vendu à 10.000 F CFA.

Ainsi pouvons-nous investir jusqu’à 900.000 F CFA sur un hectare de la location du terrain jusqu'à la récolte après 18 mois. Si nous traitons bien nos cultures, nous pouvons tirer entre 50 et 52 tonnes de fruits par hectare.

Le marché

L'ananas au Bénin n'a pas un marché stable, c'est à dire que la vente dans le marché local varie à chaque moment.

Au bout d'une campagne de production d'ananas, à défaut d’intempéries et si le marché local est en bonne santé, tu es entre 2.000.000 et 2.500.000 F CFA. Mais si le marché chute, tu peux ne pas trouver 1.000.000 F CFA.

Produire de l’ananas est donc un risque énorme. Il peut arriver d’en produire mais, de manquer de preneurs ce qui entraîne une perte totale de la production.

Il faut aussi prendre en compte les fléaux : les fruits hors normes qui sortent toujours dans le lot quel que soit le degré de traitement.

Dans le marché local, on vend en fonction de la bâchée. On ne vend pas par kilo. La bâchée descend parfois jusqu'à 100.000f quand le marché chute.

Maintenant tous les fruits (ananas) au Bénin n'ont pas les mêmes prix. Une bâchée peut prendre au moins 3,2 tonnes d’ananas.

La capacité dépend essentiellement du calibre des fruits. Le plafond du prix de la bâchée (gros calibre) est à 210.000 F CFA. Aujourd'hui, à ma connaissance, il n’y a que deux grandes usines de transformation d'ananas en jus au Bénin.

Celles-ci, soucieuses d’avoir un chiffre d’affaires conséquent, ne rémunèrent pas les producteurs à leur juste valeur. Elles prennent le kilo à 60 F CFA : ce prix d'achat au kilo n'encourage guère.

Dans une deuxième partie mardi 24 juillet prochain, nous allons aborder la réalité pratique du terrain et les conseils pertinents pour réussir la culture de l’ananas au Bénin.

*L’hectare au Bénin a une superficie de 25*25m2. Ils utilisent le bâton dont la mesure équivaut à 6 mesures de coupe-coupe. Pour un cantin, il faut 5 tours de ce bâton au carré (les 4 côtés).

1 Contribution(s)

  1. FANGNIDE Mawulikplimi say:

    Je confirme que l'élevage au Togo doit être vraiment réformé pour bien satisfaire la population et avoir un bon rendement Merci

    21/07/2018 09:07:15

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