Minyeme Nagnimari, présidente de la coopérative

"Nous étions deux groupes au début et chacun développait son activité dans son coin. Pour éviter la concurrence entre nous-mêmes et mieux s’organiser pour vendre nos produits sur le marché, l’idée d’une coopérative a germé", raconte à agridigitale, Minyeme Nagnimari, présidente de la coopérative.

Elle témoigne que la réussite de la coopérative a été possible grâce à l’accompagnement de l’Institut de conseil d’appui technique (ICAT).

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"La coopérative compte aujourd’hui 31 membres (8 hommes et 23 femmes) et produit  essentiellement la tomate et l'oignon. D’autres produits  comme le chou, le piment vert sont aussi associés", informe Mme Nagnimari.

"Nous  avons loué 3 hectares mais nous n’exploitons qu’un seul ha par faute de matériel de travail adéquat puisque tout se fait manuellement. Nous produisons par campagne sur une période de 4 mois et après, le propriétaire du terrain  reprend sa terre pour faire sa culture", explique t- elle.

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Outre le problème du foncier, l’autre casse-tête pour ces femmes, c’est l’eau.

"Notre plus grande difficulté est le problème d'eau. Nous faisons pour chaque année des mini puits de 3mètres à la main sur toute la surface et juste après notre activité, nous les refermons pour laisser de l’espace au propriétaire. L’année suivante, on reprend le même scénario", souligne –t-elle.

Gardien de la production

Les femmes maraîchères de Tchabigou font d’énormes efforts pour obtenir du bon rendement. Par campagne, elles arrivent à produire près de 100 tonnes de tomates et 300 sacs d'oignons avec un chiffre d'affaire de 300 mille pour la tomate et 130 mille pour l'oignon.

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"Avec les bénéfices, nous comptons acheter un hectare afin que la coopérative puisse faire le maraîchage en plein temps. Ce qui permettra à nos membres de subvenir aux besoins de leurs familles", confie –t-elle.

Les femmes de la coopérative prennent leur destin en main

Pour l’heure, entre vite faire pour céder au propriétaire son terrain et parcourir des km pour accéder à l’eau, le plus dur pour ces femmes, c’est qu’elle veille comme des anges gardiens sur leurs productions.

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"Nous sommes obligées de veiller en plein temps sur les produits jusqu'à la fin des récoltes pour empêcher les bêtes de venir détruire toute la  production et tous nos efforts", lance Mme Nagnimari, les larmes aux yeux.

Elle plaide aux bonnes volontés et organisations impliquées dans l’agriculture au Togo et en Afrique de porter secours à cette coopérative des femmes battantes de Tchabigou.

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Sandali P. de retour de Tchabigou pour Agridigitale

 

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