Les outils manuels découragent les jeunes (crédit photo Agridigitale)

Si en Asie, les tracteurs sont utilisés pour préparer les terres de plus de 60% des terres cultivées, ce chiffre ne s'élève qu'à 5% en Afrique subsaharienne, déplore la FAO.  

L’institution onusienne note que "plus de trois quarts des agriculteurs en Afrique subsaharienne labourent principalement leurs terres à l'aide d'outils manuels, une pratique synonyme de faible productivité, particulièrement non attrayante pour la jeunesse et donc incompatible avec l'objectif de Faim Zéro".

L’heure est alors grave et il faudra passer à l’acte en réservant une bonne place à la mécanisation de l’agriculture.

La FAO et l’Union africaine viennent de mettre en place un nouveau cadre de travail pour l’Afrique dénommé (SAMA).

SAMA livre un aperçu de l'histoire de la machinerie en Afrique et suggère la voie à suivre pour lutter contre les défis des agriculteurs et créer de nouvelles opportunités afin de veiller au bon déroulement du processus de mécanisation.

Il vise à améliorer l'efficacité agricole et à réduire la pénibilité des travaux afin d'aider les pays africains à développer des stratégies de mécanisation agricole durable.

La Commissaire de l'UA pour l'économie rurale et l'agriculture, Josefa Sacko a souligné que "multiplier par deux la productivité agricole et éliminer la faim et la malnutrition en Afrique d'ici 2025 ne sera qu'un mirage à moins de donner à la mécanisation une importance capitale".

Maria Helena Semedo, la Directrice générale adjointe de la FAO a souligné de son côté que "les agriculteurs africains devraient pouvoir utiliser des technologies agricoles plus modernes, à la fois numériques et mécaniques pour pouvoir stimuler le secteur agricole de manière durable".

Le nouveau cadre de travail identifie 10 priorités à intégrer dans les plans nationaux des Etats membres de l'UA, allant de la nécessité d'avoir un approvisionnement stable de pièces détachées pour les machines jusqu'à des mécanismes de financement innovants et à l'importance de collaborations régionales qui permettent des services de location transfrontaliers.

Le cadre de travail indique que les initiatives transfrontalières - avec les commerçants, les réseaux de distribution et les conducteurs de tracteurs - peuvent faciliter l'utilisation de ces machines.

La FAO et l'UA ont martelé que la mécanisation agricole en Afrique devra se faire avec l'aide du secteur privé, de manière intelligente face au climat, abordable et en tenant compte des petits agriculteurs.

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