Néfeide Toï, ingénieur en production halieutique à l'ITRA

"La plupart des promoteurs que nous rencontrons pensent qu’il suffit de savoir nourrir les poissons pour être qualifié de pisciculteur. Alors qu’avant d’amener le poisson, il faut lui créer des conditions favorables, disposer  des infrastructures d’accueil, s’assurer par exemple si les étangs sont facilement vidangeable. Il y a aussi la densité d’ensemencement dont il faut tenir compte", recadre-t-il.

Ceux qui se lancent dans la pisciculture ont pour la plupart selon lui des moyens mais, ils ne maîtrisent pas forcément la technicité du travail qu’ils font. 

"Se faire assister par des spécialistes qui sont d’ailleurs très rares dans le pays c’est aussi un problème", a-t-il noté.

Bac pisicole

Pour pallier aux inquiétudes des promoteurs et apporter un coup de pouce à la filière, l’Etat, à travers l’Institut Togolais de recherche Agronomique (ITRA) a mis sur pied une station de recherche halieutique à Agbodrafo, dans la préfecture des Lacs.

Par rapport au problème de la provende qui vient généralement de l’extérieur et prend 60 à 70% du coût de la production, la station y travaille.

"Nous sommes en train de réfléchir sur comment valoriser les sous-produits agro industriels pour pouvoir les intégrer dans la fabrication des aliments en vue de réduire le coût de production du poisson", indique M. Toï.

Spécialisée dans l’élevage larvaire et la sélection des géniteurs de performance élevée, la station alimente actuellement une dizaine de promoteurs sur toute l’étendue du territoire.

"Les gens viennent de la région de Kara, la région des Plateaux ou encore de la région maritime pour prendre les alevins de 10g chez nous et déjà à quatre ou cinq mois, ils arrivent à vendre des poissons de 300 à 350g", témoigne –t-il.

Du point de vue de la recherche, des travaux sont en cours pour déterminer le taux de productivité du clarias gariepinus, généralement appelé silure ou poisson chat, et les tilapias oreochromis dont le tilapia de Nil (noir) et le tilapia rouge (issue d’une série de croisement, importé de la Thaïlande en 2016).

"Actuellement, on est au niveau de la descendance des premiers parents que nous avons acquis. Quand on va finir avec cette deuxième génération, on pourra se prononcer clairement sur leurs potentialités dans nos conditions actuelles. D’ici l’année prochaine si tout va bien, on pourra se prononcer avec certitude", promet-il.

La station dispose d’un laboratoire 13 bacs de 8m sur 4m chacun et accueille en stage, des étudiants de l’Ecole Supérieure d’Agronomie (ESA) et de l’INFA de Tové.

Elle a pour vision d’augmenter le nombre de spécialistes aquacoles dans le pays pour aider les promoteurs à satisfaire la demande de plus en plus grandissante.

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