Komi TOSSA s'indigne de l'infertilité des sols de Hahotoè

Ils soutiennent que "les ristournes qu’ils perçoivent de l’exploitation du phosphate de leur sous-sol sont loin de réparer les dommages causés à leurs terres cultivables".

Terres devenues quasi-inexploitables

"Aujourd’hui, il ne nous reste plus aucun espace cultivable pour nous les habitants de Hahoté. Les espaces exploités ne sont plus remblayés afin de permettre à la population de mener quelques activités.  Tout est devenu des flaques d’eau donc impossible de s’aventurer", s’indigne Komi TOSSA, régent de Hahotoé et ancien conseiller agricole à l’ICAT (Institut de conseil d’appui technique).

Sur place, sur plusieurs centaines hectares récupérés par l’exploitation minière, jadis, dédiés aux activités agricoles, on observe en lieu et place, une zone montagneuse et des bas-fonds quasi-inaccessibles et inexploitables.  

Selon divers témoignages, il n’y aurait pas eu un véritable accord par le passé pour s’entendre sur comment gérer ces espaces après avoir extrait le phosphate.

"La localité est aujourd’hui stérile en culture et même en élevage", notent les petits producteurs de la région. Ils se disent frustrés que la situation du milieu fait "qu’aucun projet agricole du gouvernement n’est véritablement implanté dans le milieu".

"Si un projet agricole doit se faire dans cette localité, il faudra d’énormes dépenses pour sa réalisation. Et quand on voit tous ces risques, cela décourage et personne ne s’y aventure", avance avec regret, M. TOSSA.

Choisir entre l’exode et mourir dans la pauvreté

L’infertilité des sols a contraint certains paysans a quitté Hahotoé pour aller s’installer dans d’autres régions du pays.

"J’ai quitté Hahotoé pour m’installer à Kpalimé pour continuer mes cultures du manioc et autres. Ma seule difficulté est que les sols de ma nouvelle terre d’accueil sont caillouteux. A Hahotoé, on cultive avec la houe alors qu’ici, tout est fait, avec le coupe-coupe (sarclage au semis). Je finirais par m’habitué", raconte un paysan rencontré dans la région des plateaux.

Il n’est pas le seul dans le cas, beaucoup ont également fait le choix de quitter leur terre d’origine pour des endroits plus reculés afin de vivre de leur passion.

De 3F à 5F le mètre carré ! 

Ceux qui sont restés ou mieux, ceux dont les terres sont expropriées racontent qu’ils touchent des ristournes par trimestre.

"Avant, nous étions payés à 3F. CFA le m², mais après plusieurs années de revendications et de réclamations,  nous sommes payés aujourd’hui  à 5F.CFA le m²", témoignent certains propriétaire, larmes aux yeux.

"Nous n’arrivons plus à rien produire, et nous sommes obligés de tout acheter. Rien n’est moins cher pour nous ici puisque tout vient de loin, ce qui rend aggravant la pauvreté pour beaucoup", ajoutent-ils invitant le gouvernement à instaurer des programmes pour réduire le mal-vivre dans la localité. 

Phosphate : demande en baisse !

Sols plus adaptés à l'agriculture

En 2017, les phosphates naturels de calcium, phosphates alumino-calciques naturels et craies phosphatées ont constitué le troisième produit d’exportation du Togo avec 39,6 milliards F.cfa, soit une part relative de 9,1% contre respectivement 48,0 milliards de FCFA et 10,6% en 2016.

Aux termes des six premiers mois 2018, les phosphates naturels de calcium, phosphates alumino-calciques naturels et craies phosphatées constituent sont le deuxième produit d’exportation avec 21,9 milliards de FCFA, soit 9,9% de la valeur totale des exportations contre respectivement 20,1 milliards FCFA et 8,3% au terme des six premiers mois 2017, selon le Rapport économique et social 2018.

Les analystes alertent cependant que la demande mondiale du phosphate est inférieure à l’offre sur un marché international de plus en plus concurrentiel.

Face à cette tendance baissière, la société nouvelle des phosphates du Togo (SNPT) pense à des stratégies sur comment conserver ses clients et rechercher de nouveaux sur le marché et parvenir à conclure des marchés à longue durée pour fidéliser ces derniers.

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SANDALI PALAKIYÊM de retour de Hahotoé pour Agridigitale

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