Awouzouba Esso-Essinam, président de Bitcoin Africa

"Par rapport au Plan National de Développement où le Togo est sur le point de devenir un hub logistique de la sous-région, il est important que tout le monde se mette à cette monnaie pour profiter des avantages de la croissance que cela va engendrer", souhaite Awouzouba, expert en informatique, cryptographie, cybercriminalité et cyber sécurité.

Et conformément à l’axe 2 de ce PND qui concerne le secteur agricole, Awouzouba ne veut pas encore amener les paysans Togolais à acheter ou à vendre directement par eux-mêmes en crypto monnaie. Il voit plutôt une autre formule de création d’emploi.

"Comme on a les agents de change, on peut avoir des gens formés efficacement dans cette technologie qui vont être chargés de recevoir les offres et les demandes et pouvoir faire des transactions au nom du paysan qui n’a pas nécessairement besoin de faire la transaction lui-même. Il faut juste qu’il fasse une bonne récolte et le reste va être géré par les experts. Donc, c’est une belle opportunité de création d’emploi", estime-t-il.

A la découverte de la crypto monnaie

La crypto monnaie repose sur plusieurs technologies dont l’internet ; le antispam qui permet d’éviter la double transaction ; la cryptographie qui permet d’avoir la confidentialité, l’intégrité et la disponibilité des informations entre les parties ; la blockchain (ensemble de blocs qui sont liés de façon permanente, de manière disponible et non modifiable) permettant d’avoir la traçabilité de l’origine jusqu’à la fin. Bien qu’elle s’affranchisse de l’autorité, c’est également une monnaie qui respecte la loi.

On dénombre actuellement plus de 2000 crypto monnaies mais la première crypto monnaie appelée bitcoin a été créée en 2008 par Satoshi Nakamoto suite à la crise financière intervenue en Amérique et qui a secoué le monde entier avec beaucoup de banques qui ont fait faillite et beaucoup de gens ont perdu leur emploi et maison.

Dans le monde, la Chine et les Etats Unis sont les pionniers en la matière. En Afrique, le Kenya, l’Afrique du sud, l’Uganda, la Tanzanie, le Nigéria et le Ghana sont en avance.

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"Au Togo, on n’a pas vraiment assez d’information. Mais c’est réservé à quelques rares individus qui ont maitrisé la technologie.  Si quelqu’un rentre dedans sans maitriser les contours de sécurité, son compte pourra être bloqué", informe Awouzouba qui veut s’associer à certaines écoles de la place en vue de vulgariser le concept à travers des formations pour améliorer l’utilisation et l’adoption de la crypto monnaie et plus précisément le bitcoin au Togo.

Pour utiliser le bitcoin, informe le président, "il suffit de créer à partir de son ordinateur ou de son smartphone, un compte bitcoin composé d’une adresse (clé publique) et d’un mot de passe (clé privée) basé sur la cryptographie".

Ce qu’il faut retenir également, poursuit-il, "c’est que contrairement aux monnaies traditionnelles, la crypto monnaie n’est pas soumise aux inflations. Elle n’est pas non plus soumise à une autorité centrale qui peut décider de geler les avoirs. Il y a aussi l’anonymat, la fluidité, la rapidité et la réduction des frais de transaction qui sont très négligeables.

Classiquement à la banque, quand on fait un dépôt d’argent on vous prend 100fr. Dans le cas de bitcoin c’est 0fr. En cas de transaction, par rapport au frais classique, la personne va payer entre 0,5 et 1fr au lieu de 100fr".

Son seul bémol est qu’il entraîne la consommation d’une quantité d’énergie qui peut être un problème environnemental d’où la nécessité de trouver des formules qui vont réduire cette pression énergétique sur l’environnement.

"Les transactions du bitcoin font à elles seules, la moitié de la consommation électrique sur le plan mondial. Mais avec l’évolution de la technologie, c’est un problème qui est en train d’être résolu et dans un futur très proche, elle va pouvoir être respectueuse de l’environnement", rassure l’expert.

Il existe bel et bien une convertibilité avec les monnaies classiques mais, il faut passer par les banques.

"Ça va augmenter la valeur par rapport au fait qu’il faut passer par des tiers. Et dans le cas précis du franc CFA, on va passer en euro ou en dollar d’abord avant de passer en bitcoin mais on a une conversion théorique et à l’heure actuelle, 1 Bitcoin équivaut à 5 millions CFA", rapporte Awouzouba Esso-Essinam, président de Bitcoin Africa. Il est persuadé que la crypto monnaie permettra de rendre le globe plus stable et plus équilibré.

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ANANI E.

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