Marius Bagny, Président de l’Association des diplômés de l’Ecole Nationale Supérieure d’Ingénieurs (APD-ENSI)

Président de l’Association des diplômés de l’Ecole Nationale Supérieure d’Ingénieurs (APD-ENSI), Marius clame la participation des ingénieurs du Togo dans la réalisation des grands projets structurants du Plan national de développement (PND).

"Nous ne sommes pas fiers lorsqu’on parle de certaines situations défaillantes au Togo. Nous ne pouvons pas continuer à ne rien dire et à ne rien faire", lâche –t-il à agridigitale.

Il affirme que sa coopération ne sera plus dans le rôle marginal de spectateurs résignés mais posera des actions concrètes pour faire bouger le pays dans la bonne direction.

Mais attention ! Si les ingénieurs décident de faire leur part, le gouvernement et les autres acteurs, décideurs doivent également faire les leurs pour obtenir une synergie de résultats.

La création de l’ordre national des ingénieurs du Togo (ONIT) devient alors un impératif. Et sur ce challenge, M. Bagny renvoie la balle aux décideurs d’agir au plus vite en leur faveur pour une meilleure régulation du secteur.

Invité du journal ce vendredi, l’ingénieur Marius Bagny détaille tout sur le sens de son combat pour un Togo condamné à avancer au même rythme que les autres nations du monde.

AGRIDIGITALE.NET : Deux jours de conclave des ingénieurs et d'importantes résolutions. Que peut-on retenir pour l'essentiel ?

Marius Bagny : Le 31 mai et le 1er juin, des ingénieurs et techniciens supérieurs étaient effectivement en atelier de réflexion autour du PND. L’essentiel à retenir de ces deux jours de travaux est que les ingénieurs et techniciens ont une meilleure compréhension de la vision du PND et de ses projets et qu’ils sont engagés à apporter leurs contributions à sa réalisation. 

Le PND tel que décliné est un cadre non-figé dans lequel doit s’inscrire diverses actions et projets conduisant à terme à la transformation structurelle de l’économie togolaise avec une nouvelle dynamique.

Certains aspects sont clairement maîtrisés et exprimés, d’autres ne le sont pas encore et nous espérons que nos propositions seront pris en compte pour l’amélioration de ce plan.

AGRIDIGITALE.NET : Que comptez-vous faire pour la réussite de ce plan ?

Marius Bagny : Nous sommes d’abord des acteurs de développement et comme vous le savez nous n’avons pas attendu le PND pour inciter nos confrères et collègues à s’engager dans le développement du Togo, par la création de richesse et par l’innovation.

Aujourd’hui l’axe fort du PND reste le secteur agricole qui est une niche de potentialités et d’opportunités, nous pensons donc que les ingénieurs et techniciens supérieurs devraient s’y intéresser fortement afin d’initier ou porter des projets structurants pour tirer ce secteur vers le haut.

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Nous devrions être ainsi capables de commencer à avoir au Togo, des unités industrielles dignes de ce nom. Enfin sur le volet des énergies et des nouvelles technologies, nous pensons qu’avec l’aide de certains partenaires nous serions capables d’apporter un plus.

AGRIDIGITALE.NET : Qu'elle sera la vraie nature de votre aide à L’Etat ? Financière peut-être ?

Marius Bagny : Justement, le total des investissements dans le cadre du PND est estimé autour de 4622 milliards de nos francs. Nous ne voyons pas ce montant comme de l’argent liquide à déverser dans une cagnotte pour ensuite aller puiser et réaliser des projets, mais plutôt comme la somme des investissements estimés pour la réalisation des divers projets. Dans ce contexte, les projets initiés et réalisés par les ingénieurs et techniciens pourront être comptabilisés.

D’abord et avant tout, ce que nous apportons à l’Etat, c’est la somme de nos expertises et compétences avérées, pour permettre une réalisation efficiente des projets du PND.

Au cours de nos travaux, nous avons fait une analyse projet par projet. Nous avons jaugé la pertinence, la rentabilité et la faisabilité de chacun des projets listés dans ce document, en considérant les diverses possibilités.

Non seulement cela, l’un des 4 exposés que nous avons eu durant les travaux était consacré au Belt and Road Initiative (BRI) ou la Nouvelle Route de la Soie, initié par le Président Chinois Xi Jinping.

Cet exposé présenté par l’un de nos collègues qui a passé quatre semaines en Chine dans le cadre de cette initiative, fut un réel partage d’expériences, dont on devrait s’inspirer.

Enfin, nous avons eu la participation de deux collègues de la diaspora qui sont revenus l’un de la France et l’autre des Etats-Unis. L’un des deux est d’ailleurs fortement intéressé par le secteur agricole.

AGRIDIGITALE.NET : Le secteur agricole est aujourd’hui très dynamique. Qu’allez-vous apporter ?

Marius Bagny : De manière concrète, un appel à projet sera bientôt lancé au sein de notre corporation pour sortir des projets structurants, afin de rechercher les financements nécessaires à leur réalisation.

Nous avons décidé d’aller sérieusement à la recherche des informations en organisant des séances d’information, avec le MIFA, la CCIT et d’autres partenaires potentiels, dans le but de mieux comprendre le contexte actuel de notre pays, d’avoir les informations et les appuis nécessaires pour la réalisation de nos ambitions dans le cadre du développement de notre pays, déjà à travers le PND et au-delà du PND.

AGRIDIGITALE.NET : A quand finalement l'ONIT pour une meilleure régulation de votre secteur au Togo ?

Marius Bagny : Comme nous avons eu à le répéter ces dernières semaines, la balle n’est plus dans notre camp depuis un moment déjà, bien que nous soyons complètement disponibles pour apporter au besoin toutes les informations et éléments nécessaires à l’aboutissement du processus.

Le Gouvernement reste maître du processus. En attendant que les choses évoluent, nous n’allons pas nous résigner à jouer un rôle de spectateurs, mais nous sommes engagés à prendre des actions pour contribuer à l’amélioration des choses.

Nous ne sommes pas fiers lorsqu’on parle de certaines situations défaillantes au Togo. Nous ne pouvons pas continuer à ne rien dire et à ne rien faire.

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