Dr. Kossi Kpemoua, Directeur scientifique de l'ITRA

"L’agriculture est rentable à condition de l’aimer, d’être proche d’elle, de la connaitre et respecter les prescriptions des experts/techniciens. Je refuse quand on met la faute sur les techniciens, les porteurs de projets doivent comprendre qu’on ne fait pas l’agriculture par procuration", lance –t-il aux participants dans son speech inaugural au séminaire du journal agridigitale tenu samedi à Lomé. 

Pour lui, la réussite de tout projet agricole exige du promoteur une certaine proximité sur le site de réalisation de son projet et le recours aux expertises des institutions mises en place par l’Etat (Icat, Itra, etc.) dont les portes sont toujours ouvertes.

Aux débutants, il a conseillé de se lancer à partir d’un demi-hectare puis progressivement agrandir l’exploitation sur plusieurs hectares. Dr.Kpemoua a rappelé aux participants la nécessité d’investir dans l’irrigation pour ne pas forcément attendre la pluie avant de produire.

Les 7 principes pour réussir l’élevage

Minga Sansane du Merveille des Temps

Et sur ces principes, Minga Sansane, Directeur de Merveille des Temps, est resté intraitable sur leur respect avant de se lancer dans l’élevage des volailles et des petits ruminants.

Il a cité entre autres, la garantie du domaine (site) sur lequel l’élevage sera fait, le recours aux expertises pour la construction des enclos, la disponibilité et la motivation etc.

Surtout, sur la garantie du domaine, le conférencier a partagé les expériences amères vécues et a recommandé aux participants de tout faire pour être propriétaire du domaine ou mieux, en cas de bail, d’exiger des papiers.

La misère n’est pas une fatalité

C’est bien le crédo  de Antoine Dzamah, responsable du centre Sichem qui pense que c’est une pure aberration de dire que l’Afrique est pauvre avec toute la richesse dont-elle dispose.

Exposition des produits transformés du Sichem

"On ne manque de rien en Afrique, on doit débloquer de notre tête que nous sommes pauvres. Et si on est pauvre, c’est parce que nous n’aimons pas consommer ce que nous produisons. Nous sommes pauvres parce que nous préférons tout acheter de l’étranger tout en refusant de consommer nos propres produits", analyse –t-il.

Pour M. Dzamah, la transformation des produits et leur consommation reste aujourd’hui un impératif si on veut une Afrique débout.

"Sans transformation, on ne peut pas stimuler la croissance. Si on n’agit pas sur la transformation, l’asphyxie continuera et on restera toujours pauvre", souligne –t-il avant de convier les participants à se lancer dans la transformation de leurs produits agricoles.

Il a cité l’exemple du centre Sichem qui fait des sirops à base du citron, d’artemesia, des confitures à base de la papaye, mangues, des purées de tomate etc.

"Nous gagnons en termes de valeur ajoutée en transformant nos produits", dévoile –t-il assurant les participants que le centre Sichem transforme toutes ces technologies aux apprenants qui le désirent.

L’emballage vend le produit à plus de 50%

Arsène Agbeko, spécialiste en emballage

Selon Arsène Agbeko, expert en packaging, une chose est de transformer le produit mais l’autre chose est qu’il soit bien présenté pour inciter le consommateur final à l’achat.

Il a multiplié des exemples en touchant les manquements des entrepreneurs agricoles en négligeant le packaging de leurs produits. "Nous allons exploser la production locale si le packaging est bien réussi", a-t-il noté.

Pour lui, l’emballage seul donne du poids au produit et permet à ce dernier de traverser différentes frontières tout en générant des gains importants si toutes les conditions sont respectées.

"Par exemple, un produit qui doit être sur le marché américain, on doit veiller que l’étiquette sur le produit soit en anglais, disposé des certifications et autres", suggère –t-il.

Il a incité les participants à faire recours aux spécialistes en la matière en cas de difficultés, une garantie pour mieux vendre le produit sur différents marchés.

Savoir jouer sa carte avec le banquier

Marius Bagny, président de Schalev Tech

Marius Bagny, ingénieur et président du Cabinet Shalev-Tech n’est pas allé par quatre chemin. Il a dévoilé tout ce qu’un banquier recherche avant de soutenir financièrement un projet.

M. Bagny a par exemple cité le réalisme du projet, le business model, le plan financier, les promesses de commandes, le stade d’avancement du projet etc.

Il a aussi touché du doigt le profil même du porteur du projet (savoir, savoir-faire, savoir-être, ses soutiens etc.) avant de déballer les astuces pour convaincre le banquier à décaisser l’argent pour le projet.

L’ingénieur Bagny a également exposé sur le choix des équipements agricoles qui ne sauraient relever d’un hasard affirmant de la disponibilité des ingénieurs à accompagner les porteurs de projet.

Les attentes comblées

Pour les participants venus de Bafilo, Sokodè, Kpalimé et de Lomé, la qualité des enseignements reçus ont comblé leurs attentes.

Les participants à la formation de Lomé

"C'est le genre d'initiative que nous encourageons au niveau du ministère de l’agriculture parce que ça cadre bien avec notre politique agricole qui met l'accent sur la formation," salue Jacques Agbényigan AYITE, agroéconomiste à la Direction de la Formation, de la Diffusion des Techniques et des Organisations Professionnelles Agricoles (DFDTOPA) au ministère de l’agriculture, représentant du ministre.

Unanimement, les participants ont compris qu'on ne s'aventure pas dans le secteur agricole. Il faut absolument se faire former.

"Ce que je garde de tout ce qui a été dit, c'est que pour réussir dans le domaine agricole, il faut être organisé, rigoureux et aimer ce qu'on fait. Particulièrement au niveau des secrets pour réussir son exploitation agricole, je retiens d'une part l'importance du choix de la culture en fonction du sol et de l'autre part des semences certifiées et être toujours présent dans sa ferme", témoigne Poyodi Mandaessoliou, juriste de formation et exploitant agricole.

"À défaut d'emballage, il y a des milliers de produits qui pourrissent. Au même moment, les produits qui n'ont pas leur valeur envahissent leur milieu. La preuve, ma moutarde à base de néré, 100% naturelle est là alors qu'au même moment, les cubes importées qui ne sont pas sans danger sont très appréciées. Mais grâce à cette formation, j'ai trouvé solution à mon problème", renchérit Samah Awal-Tchari, venu de Bafilo (400 km de Lomé).

Fin d’un périple qui a débuté depuis janvier 2019

Le séminaire de Lomé marque la fin d’un long périple débuté depuis janvier où l’équipe du journal d’intelligence économique agricole en Afrique www.agridigitale.net a parcouru les cinq (5) régions du Togo (Notsé, Sokodé, Kara, Dapaong et Lomé) pour former les entrepreneurs agricoles, 150 à l’échelle nationale. 

Pour les dirigeants du journal, c’est une réussite totale car les bénéficiaires apporteront un changement notable dans leur milieu au travers des enseignements reçus.

Le concept de base lancé par agridigitale, à savoir, "La délivrance collective des mentalités" a marché et les premiers résultats seront appréciés aussi bien par les décideurs et les bénéficiaires eux-mêmes.

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