Christian ADOVELANDE, président de la BOAD (crédit photo www.republicoftogo.com)

Si le président de la Banque, Christian ADOVELANDE s’est engagé à changer de paradigme dans les approches que son institution a toujours développé à ce jour, c’est que bien au-delà, la question du solaire ou de l’électrification rurale occupera une bonne place dans les prochains projets à financer.

Sur ce challenge, la BOAD veut désormais se rendre très disponible pour aller non seulement vers les porteurs de projets solaires dans l’Union, mais les accompagner en termes de renforcement de compétence à mieux formuler leur projet.

"L’idée, c’est de travailler avec les porteurs de projets solaires de manière à ce qu’ils puissent présenter des projets bancables pour profiter des fonds de la SFI, du KFW, de la BAD, de l’UFD, de la Banque Mondiale, de l’Union Européenne et du Fonds Vert pour le Climat avec qui la BOAD a des relations très approfondies", explique le chef de l’institution.

"Ce qui nous reste à faire, c’est de jouer le rôle de catalyseur pour mobiliser ses ressources au profit de la sous-région", insiste-t-il.

Toutefois, précise –t-il, la  banque ne perdra jamais de vue ses premières missions classiques.  

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"Nous resterons toujours stratégiquement sur le financement des infrastructures dans tous les domaines aussi bien public que privé. Nous resterons toujours dans la sécurité alimentaire et dans le renforcement de l’appui au secteur privé", rassure M. ADOVELANDE.

Que retenir alors des panels animés durant le forum ?

L’absence de standardisation de règlementation a été le plus cité par les panélistes comme l’un des facteurs qui contribueraient à la réticence des financiers à s’intéresser au secteur dans la zone Uemoa.

"Aujourd’hui, les banques commerciales en générale interviennent au-dessus de 100 millions d’euros quand c’est sans recours. Si on veut aller à 10 millions ou 5 millions par exemple, personne dans notre environnement n’est capable d’aller à ce niveau-là et d’analyser la réglementation de chaque pays, de faire une documentation juridique à 200 ou 300 milles euros pour un petit projet", explique Hacina Py, responsable mondiale de financement export à la Société Générale.

Cela rend difficile l’accès au financement des porteurs de projets locaux.

Plusieurs panélistes sur la question du solaire

"Si plusieurs pays adoptent un protocole supranational pour le solaire, on l’analyserait une fois et on dirait, maintenant on comprend comment ça fonctionne et on peut l’utiliser autant de fois que l’on souhaite. Ce n’est que là qu’on peut commencer à regarder les petits projets", renseigne-t-elle.

Tout en rappelant l’impact social de l'électricité en termes de lutte contre l’exode rural, Philippe MALBRANCHE, Directeur Général de l’Institut National Energie Solaire de France a pour sa part, insisté sur "la nécessité pour les Etats de fixer un objectif global et intégré".

Seyni NAFO, Ambassadeur, Conseiller Spécial du Président du Mali pense pour sa part que "la BOAD a un rôle unique à jouer parce qu’elle évolue dans un écosystème dans lequel elle est le bras technique et le bras financier d’un ensemble d’institutions politiques".

Pierre Télép, Senior Specialist Responsable Energy au Fonds Vert pour le Climat a de son côté mis l'accent sur la  formation et la nécessité de renforcement de capacité des acteurs sur les critères d'éligibilité pour permettre aux différents États de bénéficier du Fonds Vert pour le Climat.

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