L’investissement a coûté plus de 35 milliards FCFA dont 7 milliards de contribution de l’Etat et le reste est financé par l’Union européenne grâce au projet d’aménagement urbain du Togo (Paut2). Pour cette zone réputée inondable, l’opérationnalisation du 4ème lac est perçue par les riverains comme un ouf de soulagement, mais, dans le même temps, une question hante les esprits.

Pourquoi à la veille de l’inauguration, où le chef de l’Etat, Faure Gnassingbé, serait attendu, dans ce quartier Zoro Bar, les caniveaux sont toujours à ciel ouvert ?

420 togolais ont travaillé sur le chantier

Lancés officiellement  le 26 avril 2016 Faure Gnassingbé et démarrés le 3 Juin de la même annéé, les travaux du 4ème lac ont consisté en la création d'un bassin d'assainissement de 3 mètres de profondeur sur une surface de 26 hectares et d'un espace aménagé de 18 hectares  tout autour.

Le tout est relié à de grands canaux de grands débits longs de 8km avec une capacité d'évacuation de 15m3 d'eau par seconde qui se déversent dans la mer. A cela s’ajoutent des caniveaux de drainage et des dalots de 31 km dans 8 quartiers environnants du lac.

Les travaux sont principalement exécutés par  une entreprise française (EIFFAGE génie civil de la France)  et GER travaux publics du Togo. Le chantier a mobilisé  une main forte main d’œuvre, soit 552 dont près de 420 togolais.

Système lagunaire renforcé

La construction du 4ème lac dans le quartier d'Akodésséwa s’inscrit dans le cadre de l'ambitieux projet d'assainissement urbain des villes du pays (PAUT II). L’objectif affiché par le gouvernement est de lutter contre les récurrentes inondations dues aux pluies diluviennes dans les quartiers périphériques de ce lac.

Selon les experts, le 4ème lac vient renforcer le système de drainage du bassin lagunaire qui traverse les pays du Golfe du Guinée partant de la Guinée au  Nigéria en passant par la ville de Lomé au Togo. Il fait suite aux 3 premiers lacs (ouest de Nyékonakpoè, est ou de Bè), tous les trois devenus inopérants dans leur rôle de drainage à cause de la pollution et de la pression démographique de la ville de Lomé.

"Les inondations dans la ville de Lomé dans les années 1960-1970 et récemment 2008-2010 ont poussé les autorités du pays à entamer ces travaux d'envergure", expliquent les spécialistes.

Impacts sur les riverains

Les quartiers périphériques du lac sauvés des maladies hydriques.  Le fonctionnement du 4ème lac aura des impacts positifs sur l'environnement immédiat des quartiers périphériques. Il s’agit notamment d’Akodésséwa-Kpota, Akodésséwa-Kponou, Anfamé, Kanyikopé, Adamavo, Adakpamé, Kagomé et Baguida.

L’ouvrage devra permettre d’assurer  un meilleur drainage des eaux pluviales, d'assainir la zone du projet et d’y éviter les maladies épidémiques périodiques d'origine hydrique liées à l'inondation suite aux pluies diluviennes.

Les caniveaux à ciel ouvert 

Les quartiers bénéficiaires visités ont permis de se rendre à l'évidence que les riverains sont exposés à une réelle menace d'insalubrité. Les caniveaux sont à ciel ouvert et remplis d’immondices. Selon quelques habitants du quartier d'Anfamé interrogés mercredi, la plupart des caniveaux qui rallient le lac sont à ciel ouvert et constituent des sources d'accidents et d'insalubrité.

Les témoignages font état de ce que les enfants et des conducteurs non avertis tombent dans ces caniveaux parfois avec leur engin.  Les riverains y jettent également des ordures et des matières fécales. Pour les bénéficiaires, la construction du 4ème lac dans la zone est une bonne chose d'autant plus qu'elle les met à l'abri des inondations.

"Mais, il faut systématiquement fermer les caniveaux",  suggèrent-ils

L'autre préoccupation des riverains est que le site même du lac bien avant le démarrage des travaux était une décharge d'ordures ménagères mais actuellement ces derniers ne disposent plus d'espace aménagé, créant des difficultés aux populations dans la gestion des ordures ménagères.

Perspective rassurante

L'aménagement d'espace tout autour du lac va permettre un  développement économique plus accru dans cette zone périphérique  réputée commerciale du port autonome de Lomé (PAL). Les activités telles la pisciculture et les loisirs peuvent être développées sur la surface même du lac. Des activités touristiques sont également prévues tout au long du lac.

Le 4ème lac est donc une perspective de création d'emplois pour la jeunesse et de réduction du taux de pauvreté dans les quartiers environnants. L’ouvrage aura toutefois le mérite de contribuer à améliorer significativement l'environnement socio-économique et sanitaire des populations urbaines ciblées et à surtout, permettre aux riverains, d’être à l’abri des inondations.

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