Djatougbé Rolande AZIAKA, journaliste et militante de lutte contre la désertification en Afrique

Du 02 au 13 septembre 2019, la convention organise sa COP14 et la représentante de la société civile Africaine au sein de la convention, Djatougbé Rolande AZIAKA, journaliste et patronne de EcoconscienceTV aura la lourde responsabilité de mobiliser 50% des participants.

"Au niveau des questions liées à la désertification et à la gestion durable des terres, on doit impliquer la jeunesse dès le départ. Nous parlons aujourd’hui des emplois verts, il y a beaucoup d’opportunités qui peuvent servir d’ouverture pour la jeunesse", martèle Mme AZIAKA actuellement à Ouagadougou (Burkina-Faso) pour une réunion sur la problématique.

Pour la mise en œuvre du développement durable, le sommet de la terre de Rio (5 au 30 Juin 1992) avait accouché de trois conventions. Il s’agit notamment de la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques, la Convention des Nations Unies sur la Conservation de la Biodiversité et la Convention des Nations Unies sur la lutte Contre la Désertification.

Cette dernière, actuellement ratifiée par 197 pays dont le Togo, met l’accent sur la restauration des terres dégradées, la préservation des terres et aussi comment lutter pour limiter l’avancée du désert.

"C’est une convention qui traite réellement des questions de sècheresse, d’inondation et surtout de la gestion durable des terres. Elle prend en compte les milieux arides, semis arides et subhumides. Mais les gens ne sont pas préoccupés par cette convention. Surtout en Afrique, elle est très peu connue", regrette Djatougbé Rolande AZIAKA.

Etant donné que l’Afrique regorge beaucoup de sahel, Rolande pense que c’est une convention beaucoup plus destinée aux Africains.

"Nos pays ont ratifié. Il y a le mécanisme de financement mondial et tout une panoplie de programmes mais les pauvres populations elles-mêmes ne sont pas impliquées", s’indigne-t-elle.

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Elle donne l’exemple du programme LDN (Land Degradation Neutrality) ; c’est-à-dire la Neutralité en Matière de Dégradation.

"Avec ce programme, quand un pays a un espace forestier, on le suit sur cinq ans pour voir si ça disparait pour laisser place à terres arides ou si c’est resté intacte. On encourage les pays à faire ce travail et le secrétariat les suit. C’est une grosse campagne qui vient de se doter d’un fonds qui sera discuté finalement lors de la COP14 en septembre à New Delhi en Inde", renseigne Rolande.

"Il y a aussi un programme qui s’appelle SLM (Sustainable Land Management) ; c’est-à-dire la Gestion Durable des Terres que tous les pays doivent promouvoir. Parce qu’on a constaté que les paysans n’arrivent plus à faire la promotion des pratiques ancestrales naturelles qui donnaient un souffle à la terre en matière d’agriculture", poursuit-elle.

La convention accorde également une place importante à la société civile.  "C’est pourquoi on a décidé de mettre en place un panel qui regroupe les cinq régions des nations unies. Nous avons aujourd’hui 500 organisations de la société civile accréditées à la convention mais, nous sommes cinq à porter leur voix aux instances de décision. Nous faisons des actions de lobbying pour défendre réellement les aspirations de la population à la base", soutient-elle. 

La représentante Afrique de l’UNCCD exhorte les organisations de la société civile à s’approcher des représentants-pays de la convention pour prendre connaissance des programmes et projets mis à disposition.

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