Pour l’organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), ce gaspillage touche les différentes étapes de la production alimentaire. L’Afrique est plus affectée par ce fléau.  29 pays africains sur 37 au niveau mondial ont besoin d’aide alimentaire externe.

De la production agricole à la consommation

Si le gaspillage alimentaire correspond à toute nourriture perdue, jetée ou dégradée, ce phénomène est ressenti depuis la production agricole au champ jusqu’à la consommation en passant par le stockage, la transformation, la distribution et la restauration. Selon la FAO, 54% du gaspillage alimentaire intervient en amont lors de la production, de la manutention et du stockage.

« Je produis du riz sur plus de 30 hectares et à la récolte, je perds près de 10% de ma production par manque de machines et de mains d’œuvres pour les récoltes », reconnaît un producteur dans la région de la Kara au nord-Togo.

Idem chez les femmes maraichères  dans le canton de Kati (région des plateaux au Togo) qui sont obligées de se débarrasser de leurs paniers de tomates pour réduire le poids ou les frais de transport en rentrant.  Le reste du gaspillage (46%) intervient en aval dans la transformation, la distribution, la restauration et la consommation.

Selon les spécialistes, les pertes en amont, sont dues au manque de compétences et d’infrastructures de hautes technologies pour mieux gérer ces pertes. « Le comportement des consommateurs et le manque de communication dans la chaîne d’approvisionnement est cité comme étant aussi à l’origine du gaspillage alimentaire », expliquent-ils.

Les pertes en graines sont aussi estimées entre 10 et 20%, ce qui va jusqu’à 60% pour les denrées périssables comme les fruits. Le gaspillage alimentaire est aussi hétérogène en fonction des régions.  Les pertes majeures en Amérique Latine sont les viandes alors que l’Asie enregistre plus de pertes en céréales surtout dans la production du riz.

Une aberration économique

Tandis que le cinquième de la production alimentaire mondiale n’est pas consommé, plus de 800 millions de personnes souffrent encore de faim chronique et vivent majoritairement dans les zones rurales des pays en développement. Cette situation s’explique par les inégalités de production et l’hétérogénéité de la nourriture.

Le gaspillage alimentaire occasionne aussi des augmentations des prix des produits alimentaires du moment où chaque acteur n’hésite pas d’intégrer les coûts de ces gâchis dans les prix de revient de leurs produits. La gestion des déchets causés par le gaspillage est aussi un souci économique. Jeter alors les aliments ou les laisser pourrir est un gaspillage d’argent.

Selon la FAO, le monde entier paie la lourde facture de 750 milliards de dollars relative au gaspillage de la production agricole, les poissons et fruits de mer exclus, chaque année.

L’environnement prend un sacré coup

Outre, piétiner la vie humaine et gaspiller de l’argent, les pertes alimentaires constituent de grands soucis environnementaux. Ces soucis sont ressentis dans le manque à gagner des ressources utilisées pour produire ces aliments. A cela, s’ajoutent les pollutions causées par l’utilisation des intrants chimiques au cours de la production.

De plus, la nourriture non consommée, pourrie dans les décharges est un gros producteur de méthane, un gaz à effet de serre particulièrement nocif.

« Chaque année, la nourriture produite sans être consommée engloutit un volume d’eau équivalent au débit annuel du fleuve Volga en Russie et est responsable du rejet dans l’atmosphère de 3,3 gigatonnes de gaz à effet de serre », alerte Food Wastage Foot print dans son rapport « Impact on naturals resources ».

 Prioriser les mesures préventives

Pour affronter le gaspillage alimentaire et ses effets néfastes, des mesures peuvent être prises de diverses manières. De l’avis d’experts, la priorité doit être accordée à la prévention des pertes et gaspillages alimentaires.

Ils suggèrent « la mise à disposition des infrastructures de hautes technologies pour réduire les pertes de produits agricoles et la production en fonction de la demande pour économiser les ressources naturelles et réduire la pollution ».

La seconde solution a trait à la réutilisation de l’excédent de nourriture dans la chaîne alimentaire avec des débouchés secondaires, des dons ou l’alimentation animale. Le recyclage de l’excédent de nourriture qui n’a pas pu être réutilisé est aussi une alternative pour réduire le gaspillage alimentaire et réduire la famine.

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